L’installation, qui pourrait entrer en service en 2028, fonctionnerait grâce au combustible solide de récupération issu de l’usine de méthanisation Ovade.
Vingt-sept pour, dix contre, quatre abstentions… Les délégués du syndicat de traitement des ordures ménagères Organom (344 350 habitants, 52 % de la population du département) ont approuvé, le 18 juin, le projet de chaufferie attenant à l’usine de méthanisation Ovade, à Viriat. Le titulaire du marché a même été désigné.
Il s’agit de Paprec Énergie. Mais le chantier, qui devrait profiter au moins en partie à des entreprises locales, ne va pas démarrer tout de suite. Ce deuxième semestre va être consacré aux études préalables. Il reste également à lancer les demandes d’autorisation et, très probablement, à purger les recours.
Car le projet fait grincer quelques dents, parmi les neuf intercommunalités adhérentes du syndicat, la Plaine de l’Ain et la Dombes en particulier, pour des questions de montant et de répartition de la facture, évaluée à 61,8 M€ pour la chaufferie, auxquels s’ajoutent 8,5 M€ pour mettre l’usine de méthanisation en conformité avec les dernières normes.
Au mieux, donc, les travaux commenceront dans deux ans, pour une mise en service en 2028. Un délai qui imposera au syndicat de demander une nouvelle autorisation d’enfouissement, en 2026.
La fin de l’enfouissement
Et c’est précisément ce point qui justifie, aux yeux du président d’Organom, Yves Cristin, ce projet de chaufferie. « Depuis la mise en service d’Ovade, en 2016, nous recherchons des solutions pour éviter de nous retrouver coincés, lorsqu’en 2030, entrera en vigueur l’interdiction d’enfouir les déchets, explique-t-il. Avec la création de l’usine de méthanisation, nous avons vu passer notre autorisation d’enfouissement de 120 000 à 60 000 tonnes (t). Si nous mettons sur la table un nouveau projet, nous devrions pouvoir obtenir de nouvelles autorisations, dégressives, pour encore quelques années. L’administration est bienveillante, lorsque l’on amène des solutions. » Selon Florent Montet, directeur d’Organom, toutes les alternatives ont été étudiées.
« Nous avons interrogé toutes les collectivités qui possèdent des incinérateurs alentour pour savoir si elles avaient des vides de four. Elles nous ont toutes opposé une fin de non-recevoir, à l’exception de Bourgoin-Jallieu (Nord-Isère). Mais, ses capacités sont loin d’être à la hauteur de nos besoins. Et le prix se révélait plus élevé qu’un traitement dans notre propre chaufferie, malgré le coût d’investissement. »
Aujourd’hui, parmi les 60 000 t de déchets qui remplissent annuellement les casiers de la décharge de La Tienne, 27 500 t sont du combustible solide de récupération (CSR) issu du tri mécanisé réalisé avant méthanisation, par les installations d’Ovade. Les utiliser en chaufferie permettrait donc de réduire quasiment de moitié, les quantités enfouies. Or, celles-ci coûtent de plus en plus cher.
« La Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) s’élève à 59 €/t aujourd’hui. Elle passe à 65 €/t, l’an prochain. Nous serons très rapidement à plus de 100 €, relève Yves Cristin. Et c’est beaucoup plus cher, très dissuasif, si vous dépassez les capacités d’enfouissement autorisées. »
Grâce au CSR, dont le pouvoir calorifique est presque trois fois supérieurs à celui des ordures ménagères, selon Yves Cristin, Organom produirait 45 000 MWh de chaleur, plus 20 000 MWh d’électricité, dont 4 300 et 6 150 utilisés en autoconsommation, respectivement par la chaufferie et par l’usine de méthanisation. Les travaux conduits sur Ovade viseront notamment à améliorer le tri, donc la qualité du combustible.
« Il s’agit bien d’une chaufferie et non d’un incinérateur », insiste le président du syndicat. Quant au débouché, Grand Bourg Agglomération a pris la compétence et accepté que soit créé un réseau de chaleur supplémentaire sur son territoire. Celui-ci alimenterait notamment l’hôpital Fleyriat.
Sébastien Jacquart








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