La commune de Méry, entre Chambéry et Aix-les-Bains, a choisi de cultiver son authenticité à travers son projet de centre-bourg. Pour révéler davantage son patrimoine bâti, le végétal et le minéral font bon ménage. Le ruisseau, exhumé, ajoute son clapotis au tableau bucolique.
Méry. Petite localité entre deux pôles urbains, Grand Lac et Grand Chambéry, prépare le réaménagement de son centre-bourg ; un projet présenté devant les habitants le 3 juillet dernier.
« L’idée, c’est de rester fidèle à l’esprit de Méry que l’on trouve sur les vieilles photos. Nous voulons conserver notre caractère de village. Il n’était pas question de faire des mélanges avec le moderne », exprime la maire, Nathalie Fontaine, par ailleurs vice-présidente du conseil départemental de la Savoie.
Beaucoup plus de nature
Pour répondre à ce cahier des charges, William Den Hengst, architecte paysagiste de Thonon-les-Bains, a su se démarquer et remporter les faveurs du conseil municipal. Ses armes : la sobriété et le végétal.
Le futur centre-bourg de Méry fait la part belle au bâti ancien : l’église Saint-Jean-Baptiste, construite en 1852, et la mairie, mais aussi, la salle des fêtes, la fontaine, le four à pain et le monument aux morts gagneront en visibilité et en accessibilité.
« Nous créons un vrai parvis devant l’église. Il sera prolongé par une extension et deviendra totalement accessible. Sous l’extension, pourrait s’installer un marché couvert », indique William Den Hengst.
Le toron ressort de terre
De part et d’autre de l’artère passante centrale, le village réaffirmera son identité séculaire. « Le projet présente quelques points forts, notamment la mise à ciel ouvert du Toron, qui coule en amont de la mairie, jusqu’au niveau du four à pain. Il replongera ensuite sous la zone centrale avant de réapparaître sur la place de l’église », précise encore l’architecte paysagiste.
Sur les places piétonnières, les enrobés imperméabilisés actuels seront remplacés par des matériaux naturels tels que de la dalle calcaire sur les parvis de l’église, de la mairie et de la salle des fêtes.
Défis relevés
Le projet s’est frotté à quelques défis techniques. Construite sur une butte, à 360 m pour le chef-lieu et jusqu’à 1 000 mètres d’altitude, Méry (2,5 M€ de budget de fonctionnement ; 2,5 M€ d’investissement ; 20 salariés) doit composer avec un dénivelé marqué.
Autre particularité : une fréquentation exogène de marcheurs qui “consomment” la commune autrement. Ces nombreux randonneurs cheminent toute l’année vers le Revard ou le Nivolet avec, pour point de ralliement, les espaces publics et les parkings de Méry, causant parfois une tension sur les quelque quarante places disponibles.
Le cabinet Den Hengst intègre ces deux paramètres dans sa proposition, en optant pour la rencontre entre les deux publics, sous forme de placettes et de paliers et l’apaisement de la circulation automobile. Une chicane, quelques décrochés et des trottoirs surélevés permettront de modérer la vitesse des voitures, en appui de la “zone 30”. Des murets en pierre naturelle ont même été pensés comme du mobilier urbain intégré.
Parking ombragé
Quant au stationnement, il passe à 45 places (soit cinq de plus) avec un nombre plus important d’emplacements dits PMR (personne à mobilité réduite). Un parking ombragé de 24 places, en partie perméable, va se substituer à l’actuel terrain de tennis.
Pour un budget total d’un million d’euros, le projet compte, en outre, d’autres commodités urbaines, comme un amphithéâtre et un échiquier géant… histoire de parachever l’image conviviale que veut se donner la commune. Les travaux devraient se dérouler en 2025.









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