Fin octobre, les conseils municipaux de Morzine, des Gets et de Verchaix ont attribué la nouvelle délégation de service public de leur domaine skiable à Domaine de loisirs de Morzine (DLM). Avec, à la clé, 115 M€ d’investissements.
À l’issue du second appel d’offres lancé en juin par le groupement d’autorités concédantes (Morzine, Les Gets et Verchaix), c’est Domaine de loisirs de Morzine (DLM) qui l’a emporté. Cette société ad hoc (au capital de 10 M€) est détenue à parts égales par la SA Pleney et le groupe Sofival, sur la base d’une gouvernance partagée : Bruno Muffat (DG de la SA Pleney) devient directeur général de DLM, et Jean-François Blas (PDG de Sofival), président du comité exécutif.
L’union fait la force
« Nous ne pouvions rêver meilleure candidature », se félicite le maire de Morzine, Jean-François Berger, qui voit dans cette alliance « le moyen d’assurer la continuité de la DSP ».

D’autant qu’à l’origine, ce n’était pas gagné. En effet, lors du premier appel à concurrence organisé par l’ancienne équipe municipale, en octobre 2023, la Compagnie des Alpes (entre autres) s’était positionnée pour reprendre l’exploitation des remontées mécaniques (voir encadré). Peut-être est-ce aussi pour cette raison que la SA Pleney, société privée constituée de 460 actionnaires (pour beaucoup des Morzinois), qui gérait le domaine skiable depuis sa création en 1934, a souhaité s’allier au groupe Sofival (108,7 M€ de CA 2024 et 243 M€ consolidé), propriétaire à 80 % des remontées mécaniques d’Avoriaz via la Serma… On le sait, l’union fait la force.
« C’est la preuve que le renouvellement d’une DSP peut très bien se passer. Nous sommes d’emblée tombés d’accord sur le programme d’investissements à réaliser », relève Thomas Faucheur, directeur général de la Serma et représentant de Sofival (le groupe familial opère également les stations de La Rosière et de Valmorel).
Bruno Muffat l’atteste : « Nous partageons la même vision de l’avenir concernant l’aménagement du territoire, qui doit s’adapter au réchauffement climatique. »

Vers un domaine de loisirs
De quoi assurer le futur de Morzine, et de la SA Pleney (15 M€ de CA, 25 salariés permanents), qui ne pouvait candidater seule au vu du montant des investissements fixé à 115 M€ (soit 125 M€ avec les droits d’entrée, notamment) sur les vingt-cinq ans de la DSP.
« Avec l’objectif affiché de rationaliser et de moderniser le domaine skiable », annoncent d’une même voix les deux parties prenantes, qui prévoient d’investir 100 M€ sur les sept premières années.
Point d’orgue de ce plan : la construction du Nyon Express, gros téléporté à 20 M€ programmé à horizon 2028, si le projet obtient toutes les autorisations. Cet appareil relierait le centre de Morzine (au niveau du rond-point de la Coutettaz) au plateau de Nyon, à 1 400 m, afin d’accéder plus rapidement aux domaines d’altitude de Morzine et de Verchaix.
Côté pistes toujours, certains appareils en altitude seront remplacés par des télésièges débrayables six-places, comme ceux de la Pointe de Nyon (le premier sur la liste) et des Têtes. Celui des Troncs sera, lui, déplacé pour assurer la liaison entre Nyon et le Pleney. Dans le bas du domaine, d’anciens télésièges fixes (Pré Favre, Les Fys, Atray) et des téléskis seront démontés et, pour certains, remplacés, en fonction des flux de skieurs.
« Au-delà, c’est la transformation du domaine skiable en domaine de loisirs qui est engagée », se réjouit Jean-François Berger, pointant « une avancée majeure : Morzine entre dans une nouvelle ère ! »
Diversification hors ski oblige, le plateau de Nyon sera équipé d’une grande tyrolienne, d’une piste de luge, mais aussi d’activités telles un Espace Games, un Deval’kart, un accrobranche… Sur le front de neige du Pleney sera également installée une luge quatre-saisons.
Patricia Rey
Photo Une : Vue sur le plateau de Nyon depuis le pas de l’Aigle – crédit SA Pleney









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