L’édifice – dont on trouve trace dès le XIIIe siècle – vit une énième transformation, qui verra l’ajout de cette nouvelle fonction à ses vocations associatives et familiales, depuis son rachat par la commune en 1966.
« Acheté par la commune en 1966, il a fait office pendant des années, de salle des fêtes et de lieu de rassemblement pour les familles, jusqu’à la création du centre culturel à la fin des années 1990. Il a continué à servir depuis, de lieu de rassemblement pour les associations et les familles, par exemple pour les mariages », retrace le maire d’Attignat, Walter Martin. Aujourd’hui, le château de Salvert est en travaux.
« Nous avons décidé de le restaurer car il n’avait jamais vraiment été réhabilité. Il était resté dans son état d’acquisition, reprend l’édile. Une première étape a été de refaire la toiture, en 2016 (pour un montant de 100 000 euros, NDLR). Manque de chance, les tuiles toutes neuves ont été fortement détériorées par un orage de grêle, le 30 juillet 2017. Il a fallu recommencer. En 2020, la décision est prise d’une rénovation assez profonde, de lui conserver sa vocation associative et familiale en rez-de-chaussée et de créer, à l’étage, une nouvelle médiathèque beaucoup plus importante que l’actuelle. Nous avons d’ailleurs recruté pour celle-ci, une permanente en appui des bénévoles. »
Retour à la structure
Le chantier proprement dit a commencé fin 2022, avec le retrait du crépi et le rejointoiement des briques devenues apparentes, avant de se poursuivre début 2024. « Beaucoup d’aménagements avaient été réalisés par couches successives. Aussi, avec l’architecte, il a été décidé de revenir à la structure. D’autant que l’obligation de créer un ascenseur pour l’accès à la médiathèque exigeait un renforcement de la charpente et le démontage d’une partie de plancher », relate à son tour Olivier Abrial, adjoint aux bâtiments et aux travaux.
« De toute façon, pour une médiathèque, les normes imposent des planchers capables de supporter 300 kg/m², en raison du poids des collections de livres. »
Ce retour à la structure était particulièrement bienvenu. Entre autres surprises, deux poutres, solidarisées par un tirant, avaient commencé à casser. Au dernier étage du château, les planchers avaient été surchargés, recouverts de tomettes dont une partie sera réutilisée pour carreler le hall d’entrée du rez-de-chaussée.
Ce sont les élus eux-mêmes qui se sont occupés de les sortir du bâtiment. Ils y ont consacré deux samedis matin, au mois de mars. Ont suivi la purge des cloisons et le démontage des planchers, puis leur réfection. Le chantier en est à présent à la plâtrerie sèche et aux peintures. Walter Martin espère voir la fin des travaux d’ici trois mois, au maximum.
Un budget contraint
Façade incluse, cette réfection du château de Salvert aura coûté 1 M€ TTC, avec des subventions du fonds vert à hauteur de 155 000 euros, de la Région et du Département pour, respectivement, 100 000 et 70 000 euros. « C’était le montant maximum que nous nous étions fixés. Mission était donnée à l’architecte de rester absolument dans cette enveloppe, indique le maire. C’était un vrai défi pour lui, puisqu’à chaque fois que des travaux complémentaires ont été nécessaires, il a fallu trouver à réduire la dépense d’un autre côté. »
Et son adjoint de préciser : « Des éléments supplémentaires sont venus s’ajouter au projet, comme la pièce de rangement qui permettra à la médiathèque d’atteindre une surface de 240 m² (lire en encadré) et d’obtenir le plus haut niveau de classement possible. » Dernier ajout enfin, les fenêtres du haut seront changées, ce qui n’était pas prévu au départ.

Mille vies
On trouve trace du château de Salvert dès le XIIIe siècle. « Mais, cet édifice a vécu 1 000 vies. Il a notamment été défait de ses deux ailes à la Révolution, puis une tour lui a été ajoutée. Et il a subi de nombreuses transformations au cours du XXe siècle. Il n’est d’ailleurs pas classé », relève le maire d’Attignat, Walter Martin.
Classement
La médiathèque occupera un grand plateau de 210 m², auquel s’adjoindra un espace de lecture, un étage plus haut. « Nous devons atteindre 240 m², soit 0,7 m² par habitant, et avoir du personnel dédié pour que la médiathèque obtienne le meilleur classement possible et des subventions de fonctionnement », indique le maire.

Sébastien Jacquart








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