Le montage des échafaudages, en cours depuis le 6 janvier, préfigure une importante réfection de la toiture, mais aussi des façades et des vitraux.
« C’est un élément essentiel du patrimoine. Comme partout, l’église est un point de repère fort de la ville et du centre. Nous savions depuis quelques années que nous allions avoir à résoudre des problèmes d’étanchéité. Car ceux-ci ont un impact sur la conservation de plusieurs éléments, dont les vitraux », relève Sylviane Chêne, adjointe à la Ville de Bourg-en-Bresse déléguée à la culture, à propos des travaux de la co-cathédrale Notre-Dame.
Un chantier de 24 mois, commencé fin janvier avec le montage des échafaudages dont l’installation a imposé de fermer la rue Lagrange. Cette dernière n’est pas commerçante, mais suffisamment passante pour que la mairie ait adapté la signalisation, afin de limiter l’impact sur la circulation.
Chasser l’humidité : Les gouttières et descentes seront changées, l’étanchéité des balcons reprise et des anti-pigeons installés.
Les travaux visent en priorité la toiture et le clos couvert. Mais à y être, autant rénover les façades, l’horloge et les vitraux. À l’intérieur, il n’est prévu que quelques aménagements de sécurité et d’accessibilité. « L’orgue reste en place et fonctionnel, même s’il sera précautionneusement protégé, note encore l’élue. C’est le signe que la vie religieuse s’y déroulera comme à l’accoutumée. »
L’investissement est déjà conséquent : 4,8 M€, dont 2M€ pour la mairie, 1,5 M€ pour l’État, 500 000 euros pour la Région comme le Département, 300 000 euros pour la Fondation du Patrimoine, avec laquelle une souscription est lancée pour minimiser la dépense pour la Ville. La Direction régionale des affaires culturelles (Drac), outre les financements qu’elle apporte, assurera également un suivi du chantier.
En façade : Les pierres de taille, les sculptures et les parements enduits seront restaurées.
« La restauration fait appel à de nombreux métiers d’art et savoir-faire particuliers, mais que l’on trouve à proximité, même s’il faut parfois aller plus loin, notamment pour les vitraux », souligne encore Sylviane Chêne. Ainsi, la société AMR, de Tossiat, spécialiste des monuments historiques et de la taille de pierre, a monté les échafaudages (70 m de haut tout de même !) et est chargée de « redonner une cohérence aux façades d’un édifice construit en plusieurs phases à partir du XVIe siècle, jusqu’à la création d’un dôme en béton, au siècle dernier », selon l’architecte Renzo Wieder.
« Tout cela doit être consolidé, nettoyé, rejointoyé. Quelques pierres seront à remplacer, mais peu. Globalement, on a une structure en bon état. Il s’agit surtout de mettre en valeur une variété de matériaux et de techniques. » La partie majeure du chantier, la charpente du XVIe siècle et sa couverture, a été confiée à la société Bourgeois à Miribel (Groupe Vinci). Elle aussi est reconnue, dans les métiers de la toiture, pour son savoir-faire traditionnel. Quant à la ferronnerie d’art, elle sera assurée par l’entreprise Junier (Saône-et-Loire).
Les vitraux, les sculptures et gargouilles, les menuiseries ne seront, en revanche, pas traités par des talents locaux, mais, respectivement, par les entreprises Bruno de Piray (Cher), Tollis (région parisienne) et Adeco (Doubs). « Des photos seront prises pour se souvenir comment était l’édifice, établir le protocole de restauration, déterminer ce que l’on conserve et ce que l’on rénove », indique encore l’architecte.
Une vision pour le centre
Le chantier doit s’achever fin 2026 et s’inscrit dans un projet d’ensemble pour le centre. « Depuis plusieurs années, nous travaillons à établir un cœur de ville où il fait bon vivre, pour les habitants comme pour ceux qui viennent y travailler et doublent la population de la cité tous les jours, a rappelé Isabelle Maistre, première adjointe déléguée à l’espace public. Il s’agit aussi de conforter notre attractivité comme destination touristique. »
D’ailleurs, les travaux seront l’occasion d’un programme d’animations et de médiation culturelle, avec des conférences historiques, des visites guidées de l’édifice et des rencontres avec les artisans. Des panneaux installés sur les palissades du chantier retraceront l’histoire de la co-cathédrale, informeront sur les différentes opérations de restauration et en présenteront les métiers.
En toiture : Les bois des charpentes seront consolidés et traités, certains remplacés. Les accès aux combles seront revus.
Les pendules à l’heure
Les cadrans de l’horloge qui, du haut du clocher, donnent l’heure aux quatre points cardinaux vont être déposés et transportés en atelier pour être restaurés, ainsi que leurs aiguilles. Quant au mécanisme, il va être révisé. L’ensemble va retrouver ainsi tout son éclat et sa visibilité.

Un vrai musée du vitrail !
Sur cette photo figure le plus ancien vitrail de la co-cathédrale. Il remonte au XVIe siècle. Les autres datent d’un peu toutes les époques qui ont suivi : XVIIIe, XIXe et XXe. « C’est un vrai petit musée de ce qui pouvait se faire », s’enthousiasme l’architecte Renzo Wieder. Tous ces vitraux seront conservés, nettoyés et restaurés.

Sébastien Jacquart








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