À L’occasion des Journées européennes des métiers d’art, Guy Georget et son équipe proposent au public une immersion dans leur métallerie traditionnelle.
Une odeur bien particulière vient titiller les narines une fois la porte de l’atelier des Métalliers réunis, à Viuz-en-Sallaz, franchie. Une odeur indéfinissable de métal que le volume du hangar ne parvient pas à dissiper. Ici règnent les barres de fer et les postes à souder. Au sol, des éléments d’un futur garde-corps de terrasse sont soigneusement empilés, même s’ils ne craignent aucun choc. C’est du costaud. Du fait main, à l’ancienne, selon un savoir-faire que la famille Georget veut faire découvrir au plus grand nombre à l’occasion des Journées européennes des métiers d’arts, du 31 mars au 6 avril.
A 57 ans, Guy Georget n’a rien perdu de la flamme qui l’a animé dès l’enfance, lorsqu’il regardait son père travailler à la forge. Devenu apprenti en 1983, il a logiquement repris l’affaire paternelle en 1999. Le fer, les volutes, la ferronnerie d’art, le marteau, l’enclume, les braises du charbon et le son des coups donnés sur la matière rougeoyante sont toute sa vie. Ses mains, noircies par le contact du métal, ne disent pas autre chose.
« J’ai grandi dans cette ambiance, confirme-t-il, et ai appris sur le tas. » Reconnu maître artisan en métier d’art en 2010, Guy Georget est un métallier-ferronnier accompli qui a aussi remporté le premier prix du concours Artinov en 2008 et qui a obtenu, en octobre dernier, une médaille d’or de la Société académique des arts, sciences et lettres. « Cette dernière reconnaissance ma été attribuée pour mon parcours artistique et professionnel », poursuit-il.

Ce qu’il affectionne particulièrement, c’est justement de créer des pièces sur mesure, selon les souhaits de ses clients, majoritairement des particuliers résidant en Haute-Savoie. Cela va des rambardes sophistiquées à des portails originaux, en passant par des verrières ou des escaliers, etc. « J’échange avec eux puis je dessine un projet en m’adaptant à l’architecture de la maison. »
Tout est évidemment fait à la main par lui et sa petite équipe de trois personnes, dont son épouse Lysiane – qui travaille le métal elle aussi -, son fils Grégory, et Cyril, son apprenti. Une affaire de famille, donc, qui a d’ailleurs vocation à le rester puisque Grégory, 26 ans, s’apprête, d’ici quelques années, à reprendre l’atelier. Ce dernier génère un chiffre d’affaires, stable, de 300 000 euros par an. Il perpétue également un savoir-faire en voie de disparition que seuls 200 professionnels en France maîtrisent encore.

« C’est pour cette raison que nous participons aux Journées des métiers d’art samedi 5 et dimanche 6 avril, enchaîne le dirigeant. Pour montrer notre métier aux gens, et en particulier aux jeunes. » L’équipe des Métalliers réunis a déjà tout préparé pour réaliser des démonstrations. « Nous allons expliquer l’évolution de la soudure dans le temps avec des soudure à la forge, du rivetage, de la soudure à l’arc, de la soudure MAG et TIG », énumère-t-il. De quoi en prendre plein les yeux… à l’abri d’une protection oculaire collective fabriquée pour l’occasion.
Des artisans à découvrir dans les deux Savoie
Du 31 mars au 6 avril, de nombreux artisans d’art ouvrent leurs portes. En Savoie, six lieux participent : Frédéric Vidoni, spécialiste en mécanique d’art, automate et horlogerie à Âpremont ; O2 briquettes, cirier à Lescheraines ; Récréalise, potier à Barby ; l’atelier Octopodes à Chambéry (6 artisans) ; Art terre Bauges au Châtelard (5 artisans).
En Haute-Savoie, onze lieux jouent le jeu : Il-umine à Annecy (fabrication de luminaires) ; atelier Valinor à Cruseilles (sellerie maroquinerie) ; vannerie Yann-Marie à Gruffy ; Accotinae à Mont-Saxonnex (tapisserie d’ameublement) ; atelier A contre-courant à Nangy (décoration sur céramique) ; atelier Ryokan à Thônes (céramique) ; Sellerie maroquinerie d’art à Saint-Félix (sculpture sur cuir) ; Deska à Saint-Félix (marqueterie de paille et ébénisterie) : Les Métalliers réunis à Viux-en-Sallaz ; le collectif métiers d’art des Savoies à Evian-les-Bains (14 artisans) ; la manufacture de Saint-Félix (6 artisans) ; l’Ecole française de décor à Annecy (peinture en décor).








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