Le train du Montenvers devrait rester en gare de Chamonix ce samedi 10 mai, au matin. Les organisations syndicales CGT et FO ont déposé un préavis de grève… Un conflit qui intervient moins de six mois aprés la reprise de l’exploitation du train à crémaillère par le Département de la Haute-Savoie.
« Une gestion qui relève de l’amateurisme »
« Voilà deux ans que M. Martial Saddier, président du conseil d’administration de la Régie départementale du Train du Montenvers, nous fait des promesses, six mois bientôt qu’il a les clés et rien ne se passe ! », s’insurge Laurent Da Cunha, délégué syndical FO, également à la tête de l’atelier des 25 conducteurs. En colère et s’estimant malmenés, les syndicats multiplient les réclamations, comme la présence systématique de deux agents à bord des automotrices pour assurer la sécurité, la titularisation des salariés CDD en CDI et le maintien des acquis sociaux et salariaux accordés par leur ancien employeur, la Compagnie du Mont-Blanc, avant que l’exploitation du train qui monte à la mer de Glace ne soit reprise par le Département et sa régie, le 1er novembre 2024.
« On quitte un paquebot qu’est la Compagnie du Mont-Blanc, où l’on avait négocié de très bons accords sociaux (intéressement, prime, participation… et 14e mois) pour maintenant faire machine arrière. Aucun engagement n’a été tenu… Que des paroles qui ne suffisent pas à remplir le frigo ! », pointe le responsable FO.
Les représentants du personnel évoquent, par ailleurs, un climat social tendu et une mauvaise gestion du temps de travail des salariés, avec un premier directeur général (Julien Mur) remercié trois mois après avoir pris son poste, remplacé depuis par Grégoire Chavanel. Ils relèvent aussi des incohérences quant à la comptabilisation des équivalents temps plein… ils seraient 60, selon eux, et moins de 50 d’après la Régie. A cela s’ajoute l’absence totale de projets.
Au registre des doléances, figure également le versement d’une prime exceptionnelle à l’ensemble des salariés, au vu des résultats affichés… et qu’ils ne voient toujours pas venir.
Sur ce point, Martial Saddier, sollicité par Eco, ne manque pas de réagir : « C’est un peu fort de café de la part de gens qui ont négocié une prime « rail » exceptionnelle (270 € bruts par mois) qu’il n’avaient jamais obtenue auparavant et qui leur a été accordée par la Compagnie du Mont-Blanc six mois avant la fin de la délégation de service public. Moralement, c’est plus que limite. Avec, du coup, l’obligation pour la régie de verser cette prime ! »
La procédure nécessite un délai
Le président du conseil départemental de la Haute-Savoie, qui déplore cette forme de pression et la juge inutile, s’explique :
« Concernant les acquis salariaux et sociaux et la prime exceptionnelle, des engagements ont été pris et nous nous y tiendrons ! Reste que passer d’une société privée à une régie publique demande un délai ».
Et la pilule a d’autant plus de mal à passer que plusieurs réunions ont été organisées, dans le cadre du CSE (comité social et économique), depuis le début de l’année. « Moi-même, assure-t-il, je me suis rendu le mercredi 30 avril, à Chamonix, pour rencontrer les salariés ainsi que les représentants du personnel, mais aucun de ces derniers ne s’est présenté ».
Sur la question de la création d’un comité d’entreprise (CE) de moins de 50 salariés, « transcrire 14 accords de branche ne se fait pas du jour au lendemain », pointe Martial Saddier, qui a fait appel à un cabinet d’étude extérieur. Un document martyre sera présenté la semaine prochaine en CSE. Restera ensuite à le faire voter par toutes les instances…
Patricia Rey
Photo Une : petit train à crémaillère du Montenvers © M. Simoncini








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