La montagne l’été a séduit 42 % des Français ces trois dernières années. Les résultats du premier baromètre “montagne multisaisons” d’Atout France révèlent des pratiques loin des poncifs, avec un intérêt marqué pour la nature et le patrimoine… dans le but de déconnecter et de se ressourcer.
Les Français aiment la montagne l’été. Près d’un sur deux s’y rend depuis trois ans, dont 31 % pour un séjour et 11 % pour une excursion à la journée… Cette part s’avère supérieure à celle observée en hiver, qui affiche 31 % (24 % pour un séjour et 7 % pour une excursion). C’est ce que dévoile le baromètre “montagne multisaisons” version été publié début juillet par Atout France et ses partenaires*, après la parution du volet hiver en janvier. Et, cerise sur le gâteau, 97 % des séjournants indiquent être satisfaits de leur séjour, voire très satisfaits pour plus de la moitié (6 sur 10).

Le sport, pas déterminant
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les activités sportives ne figurent pas en tête des principales motivations des vacanciers, puisque seuls 16 % des Français les considèrent déterminantes dans le choix de leur séjour. En fait, ce qui séduit avant tout les Français, c’est la nature, le calme et les paysages, pour près des deux tiers des répondants. Mais aussi l’opportunité de déconnecter et de retrouver ses proches (45 %), comme de découvrir le patrimoine et la gastronomie (40 %).
Il ressort que la culture locale et l’art de vivre sont largement plébiscités par les touristes français lorsqu’ils se rendent à la montagne en période estivale. Ils sont ainsi 83 % de séjournants et 75 % d’excursionnistes à visiter villages, marchés riches de produits locaux et lieux patrimoniaux.
Arrivent ensuite, sans surprise, la randonnée et la contemplation de la nature, pour un tiers des visiteurs, auxquelles s’ajoutent les activités de bien-être (massage, spa, yoga, balnéo) que plébiscitent 13 % d’entre eux. Quant aux activités sportives, les sports d’eau de pleine nature (baignade, canyoning, canoé…) et le vélo (mécanique et à assistance électrique) sortent du lot, pratiqués respectivement par 19 % et 11 % des vacanciers. À l’inverse, le trail, le parapente ou encore l’escalade sont considérés comme des activités réservées aux initiés.

Profils quasi identiques en été ou hiver
Autre enseignement de ce baromètre, les clientèles estivales et hivernales présentent de fortes similitudes, avec un profil d’âge semblable – même si les jeunes, toujours les plus nombreux, sont moins présents l’été, contrairement aux 65 ans et plus. Même constat concernant l’origine géographique : les habitants des régions proches des massifs (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur) fréquentent davantage la montagne. Et c’est encore plus vrai pour les excursionnistes d’une journée.

Côté revenus, les ménages gagnant plus de 3 000 euros mensuels sont surreprésentés, été comme hiver. Toutefois, les excursionnistes d’origine plus modeste tendent à augmenter, l’été.
Et alors que les stations continuent de se démarquer l’hiver (48 % des séjours), le rapport s’inverse l’été. Ainsi, 54 % des Français plébiscitent alors une montagne non aménagée, voire hors station (33 %), loin devant les stations sportives (seulement 13 %) ou, pire, « très sportives » (6 %). Dans cette logique, les villages habités à l’année demeurent attractifs pour 24 % des séjournants.
Si la montagne estivale a de beaux jours devant elle – et plus encore lorsque les températures grimpent (réchauffement climatique oblige) –, des freins subsistent. À commencer par le prix, pointé par 37 % des visiteurs, la difficulté d’accès et de déplacement et une offre d’activités parfois limitée. De son côté, Atout France encourage les professionnels du secteur touristique à poursuivre les efforts accomplis en faveur de la préservation de l’environnement, à renforcer la mobilité douce et à améliorer encore le rapport qualité/prix.

* L’enquête en ligne, réalisée du 13 au 27 septembre 2024, repose sur un échantillon de 3 078 personnes ayant séjourné à la montagne, en France, au cours de trois dernières années.
Patricia Rey








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