Créatrice de la marque 3e Manche, Zoé Pellicier valorise les tenues usagées des moniteurs de ski en les transformant en accessoires pour leur donner une seconde vie.
Tout juste diplômée d’un master en Entrepreneuriat et Développement durable en Allemagne, Zoé crée sa petite entreprise 3e Manche, fin 2022. La jeune Mauriennaise, monitrice de ski à Albiez-Montrond, s’est mise en tête de donner une seconde vie aux tenues usagées des moniteurs des écoles de ski.
Depuis trois ans, elle en a recyclé environ 2 000 qu’elle transforme en sacs, bananes, porte-gourdes, bobs, coussins, rideaux mais aussi en fanions à médailles et pochettes pour carnet de ski. Des accessoires qu’elle dessine, et dont elle sous-traite la confection à deux couturières indépendantes et à l’atelier d’insertion et de production textile éthique Lapsuss à Chambéry, pour ensuite les commercialiser sur son site marchand et dans sept magasins en dépôt-vente.
Pour booster son activité, l’entrepreneuse de 26 ans a développé, en mars, un système de commandes B2B « gagnant-gagnant » avec des ESF de la Tarentaise et des stations. « Je collecte leurs tenues et en contrepartie, elles passent des commandes en direct. Les produits qu’elles choisissent sont fabriqués avec leurs vêtements et floqués de leur logo », explique Zoé Pellicier, qui voit là le moyen de s’assurer un stock continu.
Et cette dernière d’ajouter : « Même si beaucoup de moniteurs, toutes écoles confondues, m’envoient leur tenue à titre individuel ». Pour l’heure, six ESF et exploitants de domaines skiables ont accepté de jouer le jeu et d’autres devraient les rejoindre. « Ainsi, elles n’ont pas à payer une entreprise pour les incinérer, quand on sait que le textile est très polluant. »
Dernièrement, Zoé a étoffé sa gamme de trousses de toilette et de housses d’ordinateur réalisées, cette fois, à partir des matelas de protection de pistes, en PVC ultra résistant.
En 2025, le chiffre d’affaires de 3e Manche devrait s’élever à 100 000 €, contre 35 000 € l’an dernier. « Je mise sur les partenariats, les événements et les ventes en ligne (60 % du business) qui ont bondi cette année », se félicite Zoé, qui est l’unique salariée. D’ici trois ans, elle aimerait avoir ses propres locaux et ouvrir un magasin pour, in fine, en faire son activité principale.
Patricia Rey








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