Installé dans une zone industrielle de Pont-d’Ain, l’établissement qui vient de fêter ses trois ans s’impose par son savoir-faire et sa convivialité.
Si Laurent et Angélique Gigier ont fait le pari un peu fou d’ouvrir leur propre commerce artisanal, c’est un sacré défi que The Papatissier relève à Pont-d’Ain. Installée dans une zone industrielle, la pâtisserie artisanale a rapidement conquis les papilles et le cœur des gourmands. « De l’extérieur, le lieu ne fait pas du tout rêver, mais une fois à l’intérieur, l’étal de créations illumine les regards », sourit Angélique Gigier. L’effet waouh est garanti depuis l’ouverture, il y a trois ans, fêtés lors du week-end des 15 et 16 novembre derniers.
La boutique présente un éventail de douceurs : créations sucrées fines et raffinées, confiseries, viennoiseries, produits locaux, snacking, partie traiteur et même des ateliers pour petits et grands. « The Papatissier, c’est aussi un petit salon de thé à l’arrière de la boutique où la clientèle aime à se retrouver pour déguster les créations, travailler, papoter et plus simplement créer du lien. C’est encore la possibilité de réserver son brunch rustique et familial le dimanche », ajoute Angélique.
Une reconversion
Au-delà des gourmandises, c’est aussi l’histoire d’une belle reconversion. Après cinq ans dans l’agroalimentaire ainsi que quinze années dans l’industrie aéronautique, pour Laurent, un parcours dans l’animation pour Angélique, le couple qui a deux enfants aspirait à autre chose. Et puis, est survenue la covid.

« On commençait à en avoir assez de notre routine. Nous étions prêts à troquer nos quelques semaines de congés payés et nos semaines de 35 heures contre un travail où on se lèverait tous les jours à 5 heures et on ne se coucherait jamais », confient-ils. Mais derrière la vitrine gourmande, la réalité économique reste exigeante.
« Malgré le succès rencontré, nous devons affronter l’augmentation de la matière première, l’entretien de l’outil de travail. Et au démarrage, nous avons été plutôt mal accompagnés », expliquent Laurent et Angélique. La trésorerie initiale a vite été grevée par les imprévus, obligeant le couple à faire des choix pour remonter la pente.
Aujourd’hui, ils « survivent » avec un salaire et demi, sans regret pour autant. « Nous faisons un métier qui nous plaît, dans l’authenticité et le partage », précise Angélique. Ce qui illustre l’énergie et la générosité du couple. Trois ans après son lancement, The Papatissier s’est affirmé comme une référence artisanale à Pont-d’Ain et au-delà, avec un chiffre d’affaires supérieur à 200 000 € cette année.
Diplômé de l’école Ducasse, Laurent Gigier incarne une pâtisserie responsable et engagée. The Papatissier lutte contre le gaspillage par des recettes zéro déchet, une production raisonnée et une consommation d’énergie optimisée. Sa créativité s’exprime dans un croissant à la forme singulière, devenu sa signature. L’attachement à la formation et à l’inclusion est par ailleurs au cœur de son projet. Avec ses apprenties, Jade et Hazal, issues du Centre consulaire de formation (Cecof) d’Ambérieu-en-Bugey, dont l’une est en situation de handicap, il prépare la fin d’année.
Se démarquer
La carte des fêtes proposera quatre bûches originales : façon fraisier, Opéra, tarte Tatin et tarte Mont-Blanc (marron-cassis), sans oublier les Fingers de fête. Chaque vendredi, la foire aux flans – le fameux Flandredi – décline douze parfums, prolongée le dimanche par le Dixflanche. Les classiques revisités ne sont pas en reste, comme l’Écureuil, spécialité de Lons-le-Saunier (Jura). The Papatissier se distingue aussi par ses créations inédites, à l’image du « Ti Biscuit », loin de la fiction (saga Shrek), tout de pâte sucrée aux épices de Noël, avec une ganache montée chocolat blanc, pain d’épice et miel.
Carole Muet








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