Les bâtiments, où l’on récoltait la glace du lac voisin pour l’expédier en train dans toute la France et même en Afrique du Nord, s’ouvrent enfin au public… virtuellement, en 3D.
Fermées définitivement en 1921 après 40 ans d’exploitation, envahies par la végétation, les Glacières de Sylans avaient vu dans les années 2010, la création d’un cheminement de découverte, un platelage et un ponton, avec des panneaux d’information. Il s’agissait alors de mieux valoriser ce patrimoine industriel.
Les abords s’offraient ainsi à la visite, libre ou guidée, jusqu’à comptabiliser plus de 30 000 passages en 2022. Mais, il n’était toujours pas possible – pour des raisons évidentes de sécurité – de pénétrer les bâtiments. Haut-Bugey Agglomération, propriétaire du site, vient d’y remédier, à travers le lancement, jeudi 9 juillet, d’un parcours immersif en 3D. De quoi relancer l’intérêt des visiteurs, qui s’essoufflait.
L’agglomération a investi 27 000 € HT dans un parcours numérique, soutenu à hauteur de 35 % par la Région et de 40 % par le Département, au titre de la mise en valeur des Espaces naturels sensibles dont ce projet, dixit la conseillère départementale Laurence Poncet, « est la parfaite illustration ». Tous les intervenants, avec elle, auront insisté sur l’aspect emblématique d’un site industriel unique, témoin de l’ingéniosité aindinoise.
Désormais, l’on peut découvrir l’intérieur des ruines sans se mettre en danger, depuis les cheminements, tout simplement en téléchargeant l’application Legendr, développée par la start-up Rendr, puis le parcours des Glacières de Sylans. Il est même possible, pour rendre l’expérience encore plus réelle, d’acheter des lunettes VR à 5 €, dans les différents bureaux de l’Office de tourisme Haut-Bugey : Nantua, Oyonnax ou Plateau-d’Hauteville.
Au-delà des vues immersives à 360°, l’application propose également des reconstitutions animées, en réalité augmentée, des conditions de travail des ouvriers qui collectaient la glace dans le lac voisin en hiver, pour l’expédier en train dans toute la France aux beaux jours, à une époque où il n’existait pas de technologie pour produire du froid.
Elle invite, de surcroit, à découvrir de manière ludique, l’aventure industrielle lancée par Joachim Moinat, cafetier à Nantua, à la fin du XIXe. Dans la peau d’un inspecteur, le visiteur doit analyser le fonctionnement des Glacières de Sylans pour déterminer si elles constituent un investissement judicieux pour la Société des Glacières de Paris.



Sébastien Jacquart








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