Le parc d’activités Alp’Arc, à Bourgneuf en Savoie, ouvre à la commercialisation 28 hectares de foncier. Mais le syndicat mixte bute sur un héritage encombrant : le périmètre de risque associé à l’ancienne plateforme de ferroutage Modalohr.
« Alp’Arc est la plus importante réserve foncière économique disponible en Savoie, voire sur les deux Savoie. Nous avons aujourd’hui 16 lots modulables à proposer sur 28 ha », explique Hervé Genon, président d’Alp’Arc, avec une formule de bail à construction pouvant aller jusqu’à 75 ans. Sur les 17 lots initiaux, le premier a déjà trouvé preneur : l’entreprise de transport Ducreux installera ses 35 salariés à la fin de l’année.
L’extension prévoit quatre parcelles de 4 000 m² destinées aux sous-traitants et prestataires de l’industrie. D’autres terrains, de 10 000 m² à plusieurs hectares, visent des projets industriels plus conséquents.
Environ 300 salariés travaillent aujourd’hui à Alp’Arc, les projections tablent sur 1 800 à 2 000 emplois lorsque l’ensemble de l’extension sera occupé. La question des services aux salariés – restauration, garde d’enfants ou offre paramédicale – commence déjà à être intégrée dans les réflexions d’aménagement.
Pour renforcer son attractivité, Alp’Arc met les bouchées doubles en termes de décarbonation. Le parc a investi 1,4 M€ dans une boucle géothermale alimentée par la nappe phréatique, raccordée à l’ensemble du site, qui dispense chaleur et fraîcheur aux bâtiments.
Par ailleurs, une candidature a été déposée dans le cadre d’un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour alimenter cet équipement grâce à une ombrière photovoltaïque.
L’ombre de Modalohr
Mais derrière cette dynamique commerciale, un dossier continue de crisper l’exécutif : la plateforme ferroviaire Modalohr. Depuis plusieurs mois, Alp’Arc tente d’obtenir une révision voire une abolition du périmètre de danger défini autour de l’ancien terminal de ferroutage.
Le problème remonte aux études de danger de 2015 et 2018. À l’époque, l’activité fret générait un risque lié au transit de matières dangereuses. Un « porté à connaissance » a alors instauré un périmètre de constructibilité restreinte : les activités industrielles y restent possibles, mais les projets tertiaires en sont exclus.
Depuis l’arrêt de la plateforme, le 27 août 2023, suite à l’éboulement de La Praz, les dirigeants d’Alp’Arc espèrent récupérer cette emprise de 17 hectares, vendue « seulement 2 M€ à l’État en 2020 », soupire Hervé Genon. Pour François-Xavier Le Corre, directeur d’Alp’Arc, « s’il n’y a plus d’activité, le périmètre de danger doit disparaître ». Le syndicat mixte a donc demandé une actualisation de l’étude de danger car ce blocage a déjà une incidence : un premier bâtiment tertiaire, pourtant titulaire d’un permis de construire, se heurte à une interprétation stricte du porté à connaissance par les services de la DDT Savoie.
Un discours qui déraille
Selon les dirigeants d’Alp’Arc, Via Connect Bourgneuf-Aiton, exploitant historique du site Modalhor, a fait savoir à l’État qu’il ne souhaitait pas poursuivre l’exploitation. L’entreprise n’aurait conservé que deux salariés pour entretenir le site après avoir licencié une vingtaine de personnes en 2025. Son nouveau président, Olivier Deprez, aurait indiqué que « la plateforme est désormais condamnée ».
Hervé Genon rappelle que la dette de Via Connect Bourgneuf est « comprise entre 11 M€ et 15 M€ d’euros ». À ses yeux, toute relance supposerait un repreneur capable d’absorber ce passif ainsi que « le recours aux subventions publiques d’équilibre comparables à celles autrefois accordées par la France et l’Italie soit respectivement 7 M€ ».
Une fois les 28 hectares commercialisés, Alp’Arc ne disposera plus que d’un dernier gisement foncier : les 17 hectares de la plateforme Modalhor. Pour ses dirigeants, l’enjeu est majeur : ces terrains, déjà artificialisés, leur éviteraient de consommer davantage d’espaces naturels ou agricoles. Reste à savoir si l’État clarifiera enfin l’avenir du terminal.









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