L'édito de Stéphane Coltice : "Source d’ennuis"

par | 4 mai 2017 à 7H30

Une fois les élections passées, viendra l’heure de faire connaissance avec le nouveau gouvernement et ses propositions. Et en l’absence de programmes crédibles lors de la campagne électorale, il nous faudra alors découvrir sur le tas les changements à venir en matière sociale, environnementale, économique ou fiscale. Les interrogations seront alors nombreuses.

Nul doute que parmi les principales questions, se posera celle de la continuation des réformes engagées sous l’ancien régime (sic) ! Et au moment de remplir sa déclaration de revenus, on ne peut alors s’empêcher de se demander si le prélèvement de l’impôt à la source sera réellement mis en place au 1er janvier prochain ?

Vendu pour ses avantages, ce nouveau mode du paiement de l’impôt doit permettre aux contribuables de mieux évaluer leurs dépenses, en supprimant le décalage dans le temps entre les « entrées » et les « sorties », et surtout en proposant aux salariés un salaire net, sur lequel aucune épargne destinée au Trésor Public ne sera plus nécessaire. Enfin, cette réforme doit également permettre de se libérer de certaines contraintes administratives puisqu’elle s’accompagne d’une simplification de déclaration des revenus pour le contribuable lambda.

Malheureusement, au pays du formulaire, de l’alinéa et de l’exception, rien n’est jamais aussi simple, et la multiplication des niches fiscales comme des cas particuliers vient inévitablement complexifier le processus. C’est pourquoi la déclaration annuelle ne sera pas pour autant supprimée afin de prendre en compte les situations particulières et se conclura, le cas échéant, par le paiement d’un solde. Comme un troisième tiers ! Alors où est le gain ?

« AU PAYS DU FORMULAIRE, DE L’ALINÉA ET DE L’EXCEPTION, LA MULTIPLICATION DES NICHES FISCALES ET DES CAS PARTICULIERS VIENT INÉVITABLEMENT COMPLEXIFIER LE PROCESSUS DE PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE.« 

Mais c’est surtout pour l’entreprise que la situation se corse. En collectant l’impôt à la place de l’État, elle alourdit encore le poids de ses tâches administratives, jusqu’à devoir embaucher du personnel supplémentaire sans aucune contrepartie de rentabilité. Une situation intéressante à l’heure où la France souffre déjà du coût de ses charges sociales face à la concurrence internationale… Une situation d’ailleurs qualifiée par François Fillon, candidat malheureux à l’élection présidentielle, comme étant « de nature à pénaliser nos entreprises qui réclament au contraire des mesures de simplification ».

Et le vase déborde carrément lorsque surgit la question de la responsabilité du recouvrement. Imaginez une société dont un des salariés quitterait son poste en cours d’année pour s’installer à l’étranger, en oubliant au passage de s’acquitter du solde de sa dette fiscale. Théoriquement, son ancien employeur serait alors responsable devant l’administration fiscale. Une usine à gaz qui, en plus de ne satisfaire personne, risque également de créer quelques belles injustices…

Alors que l’Europe prône l’adoption de ce modèle retenu par tous les autres pays, on ne peut évidemment pas éluder la question de la place de notre pays au sein de l’Union. Mais avant de penser à la grandeur de la France, pensons déjà à son bon fonctionnement.

Stéphane Coltice
Directeur délégué de la publication
s.coltice@eco-ain.fr

Gaspillage alimentaire, le dessin de Faro

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

-3,4 % : ce chiffre d’affaires des entreprises industrielles continue de reculer en 2025 en Savoie Mont Blanc et ce, pour la 3e année consécutive.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

La station thermale de La Léchère en mauvaise forme

Dans un récent rapport, la Chambre régionale des comptes pointe la situation financière dégradée des thermes de La Léchère et des irrégularités. Les thermes de La Léchère (2 500 habitants) ont vu leur état de santé s'aggraver avec la crise sanitaire. Gérés par la...

Cédric Lieudenot, dirigeant de Cosea

Ain : Cosea toujours plus spécifique

En filialisant ses activités de transport et de stockage, l’entreprise libère de l’espace sur son site de Viriat, afin d'accompagner le développement de marchés à forte technicité. Entreprise de traitement de surface pour le nucléaire, l’industrie, les structures...

L’équipe de Didier Signalétique. © Didier Signalétique

Ain : Didier Signalétic rejoint Scadra Group

Fondé en 1975 à Bourg-en-Bresse par Norbert Didier, le leader burgien de la signalétique a officiellement changé de mains le 8 janvier dernier. À la suite de discussions engagées à l’initiative de Scadra Group, spécialisé dans les services aux industriels, Béatrice...

IA : ses usages concrets en entreprise | Exemple #4 : une TPE de 5 personnes

Quatrième volet de notre dossier consacré aux usages concrets de l’intelligence artificielle dans les entreprises. Dans une petite société de services et de vente de vêtements de montagne, chacun cumule plusieurs fonctions. L’IA peut réduire le temps consacré aux...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé