Dans un récent rapport, la Chambre régionale des comptes pointe la situation financière dégradée des thermes de La Léchère et des irrégularités.
Les thermes de La Léchère (2 500 habitants) ont vu leur état de santé s’aggraver avec la crise sanitaire. Gérés par la SETLL (1), qui intervient dans le cadre d’un contrat d’affermage signé en 2016 pour 12 ans avec la Communauté de communes de la vallée d’Aigueblanche (CCVA), ils connaissent une forte baisse du nombre de curistes (6 000 en 2018, 4 500 depuis 2022). Le chiffre d’affaires est tombé à 3,2 M€ en 2020 (7,2 M€ deux ans plus tôt) pour un résultat net de -1 M€.
La Chambre régionale des comptes (CRC) qui s’est penchée sur la gestion de l’établissement depuis 2019 souligne la fragilité économique du contrat initial qui prévoyait moins de 24 000 euros de bénéfices annuels après versement de la redevance.
Les pertes cumulées ont été apurées par le biais d’une réduction du capital social qui a divisé par 40 la valeur nominale des actions. Au prorata du capital détenu, elles se sont élevées à 912 000 € pour les collectivités (62,7 % de l’effort), 542 000 € pour les actionnaires privés (37,3 %).L’aide s’est encore matérialisée par une baisse de la redevance à verser et par des apports en compte courant d’associés (350 000 euros de la part de la CCVA, La Léchère et Grand-Aigueblanche, 250 000 euros pour la Banque des territoires) en contradiction avec le principe de transfert du risque d’exploitation au délégataire.
Selon la CRC, l’instabilité de la direction (trois P.-D.G. se sont succédé sur la période) et la fluctuation des orientations stratégiques ont fragilisé une situation financière déjà compliquée. Sans compter les activités annexes d’hôtellerie et de restauration, sans complémentarité évidente avec les thermes qui pèsent sur le résultat de la société.
La juridiction demande à la SETLL de corriger les multiples irrégularités constatées : présence des communes au capital de la société alors que l’objet social est étranger à leurs compétences, dirigeants dépassant les limites d’âge, direction générale exercée de fait par une salariée en contrat à durée indéterminée et qui ne peut, donc, être révoquée à tout moment, actes signés sans délégation de pouvoirs ou au contraire non soumis à la validation du conseil d’administration, non-respect des règles relatives à la commande publique. Quant aux modalités de gestion qui seront retenues au-delà du contrat en cours, en 2028, elles sont jugées « incertaines ».
(1) Cette société d’économie mixte appartient à 59,2 % aux collectivités (Communauté de communes des vallées d’Aigueblanche ; communes de La Léchère, Grand-Aigueblanche et les Avanchers). Le reste du capital est conjointement détenu par la Banque des Territoires (groupe Caisse des Dépôts et Consignations), le Crédit Agricole de Savoie, la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes, la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes et des personnes physiques.
Une complémentarité avec les stations de ski voisines
Spécialisés dans la prise en charge des pathologies veineuses et rhumatologiques, les thermes de La Léchère comprennent un espace thermal, un hôtel, un restaurant, un pôle bien-être – spa de 1 500 m² et deux résidences. En bon état de fonctionnement, l’ensemble est situé à proximité des stations de Tarentaise et permet aux saisonniers de travailler à l’année.
Selon le rapport de la Chambre régionale des comptes, il fonctionne de manière satisfaisante en termes de contrôle sanitaire, de préservation de la ressource en eau ou encore de prise en compte des enjeux environnementaux. Par ailleurs, il est à l’origine de nombreuses études sur les soins thermaux menés en partenariat avec l’Université de Grenoble, dans le cadre d’une convention désormais caduque dont le renouvellement n’est pas envisagé.
Sophie Boutrelle
@crédit photo : David Leprince








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