L’Afrique s’invite au Parc des Oiseaux

par | 20 juillet 2017 à 9H00

Le premier parc ornithologique de France, première destination touristique du département, aménage 2 ha dédiés à l’avifaune africaine.

Le Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes a ouvert un nouvel espace, dimanche 9 juillet : la Plaine Africaine. Et cette ouverture connaîtra un deuxième temps, en 2018, lorsqu’une grande volière et un belvédère viendront s’ajouter aux premières installations réalisées. « Les différentes structurent constitueront une mosaïque qui représentera les quatre principaux écosystèmes du continent africain. L’ensemble s’étendra sur 2 ha, ce qui en fera le plus grand espace que nous ayons ouvert », décrit le directeur, Emmanuel Visentin. Un projet parmi les plus ambitieux du parc, tant en termes de collection que d’aménagement paysager.

Recréer une île

La première zone ouverte au public est composée de Madagascar et de la partie Savane. La visite du nouveau site débute par l’île à travers une reconstitution de ses paysages et la rencontre des makis catta, mais aussi des oiseaux tels que les Tourtelettes masquées ou le foudi rouge. La volonté de reconstituer une île est perceptible par un ponton d’approche s’avançant sur l’étang central du Parc. Après avoir traversé la forêt des lémuriens – « Il nous arrive de faire des entorses à notre vocation sur l’avifaune », commente Emmanuel Visentin –, le visiteur se trouve plongé dans un paysage caractéristique de Madagascar : cascade, canyon, atmosphère humide et tropicale, chemin creux confectionné à partir de roches. La déambulation terminée sur l’île, le visiteur entre ensuite dans un espace consacré à l’Afrique et inspiré du cratère de Ngorongoro en Tanzanie, une vaste dépression africaine de plusieurs kilomètres carrés, reconnue comme une remarquable zone faunistique. Cette volière sera ouverte en 2018. La volonté a été d’appréhender la plaine africaine à partir d’un relief, afin de démultiplier les points de vue, les sensations, les effets de découverte paysagère.

Parc des Oiseaux, les grues de la plaine africaine

Les grues ont été libérées dans la Savane, à quelques jours de l’ouverture du nouvel espace.

Les aménagements réalisés en 2017 ne représentent qu’un tiers du total. La volière promise l’année prochaine devrait occuper à elle seule 3 000 m2. Au final, les visiteurs profiteront d’une demi-heure à trois quarts d’heure de déambulation supplémentaire. « Nos différents espaces ont vocation à recréer l’habitat des oiseaux. Or, l’Afrique était une thématique peu traitée sur le parc jusqu’alors, note Emmanuel Visentin. Au final, nous n’aurons jamais eu d’espace aussi intégré. »

Investissement majeur

Cette plaine Africaine représente pour la première destination touristique du département, un investissement total de 2 millions d’euros, soit deux fois plus que le budget nécessaire à l’édification de la tour inaugurée l’année dernière. L’une et l’autre s’inscrivent au cœur du projet Five, qui prévoit 12 millions d’euros d’investissements sur cinq ans, de 2016 à 2020. A l’échéance, le parc aura 50 ans. Et d’ici là, son directeur espère avoir atteint les 500 000 visiteurs pour 5 000 oiseaux.

Mais, ce n’est pourtant pas d’hier que le Parc des Oiseaux investit. Chaque année ou presque, semble apporter son lot de nouveautés, depuis quelques temps déjà. La volière des loris, plus grande volière de contact d’Europe à ce jour, a ouvert en 2012. L’espace des colibris et la jungle ont été aménagés en 2014. Le bush australien a été agrandi de 1,5 ha au cours de l’hiver 2016. La volonté d’innover est forte, dans chaque projet. Ainsi, avec la construction d’un tour de 27 m, c’est la première fois que le parc s’inscrivait dans la verticalité.

Parmi les prochaines étapes du projet Five, il est question de détruire la maison des oiseaux, bâtiment qui date de la création du parc et actuellement fermé au public, pour la création d’un espace lacustre particulièrement orienté vers les enfants et les scolaires, à travers ses espaces d’animations, d’exposition et d’ateliers. Les oiseaux de l’extrême, qui vivent par des températures très basses ou au contraire très élevées, sont par ailleurs annoncés pour 2019-2020.


Collections enrichies

Avec la création de sa Plaine Africaine, le Parc des Oiseaux enrichit dès cette année ses collections, complétées, outre les espèces de Madagascar déjà citées dans l’article principal, par des autruches, des flamants et des serpentaires.


Espèces emblématiques

Parc des Oiseaux, pélican friséLe pélican frisé est l’un des symboles du Parc des Oiseaux. Cette espèce en voie de disparition y est en effet présente depuis son ouverture, en 1970. Et le parc a depuis participé à plusieurs programmes de réintroduction de cet animal. Il en sera de même demain pour les serpentaires présentés sur la plaine africaine. Cette espèce est particulièrement menacée et donc appelée à devenir emblématique du parc, selon son directeur, Emmanuel Visentin. On trouvera cet oiseau de proie monté sur échasses en fin de parcours sur la Plaine Africaine. Il constituera le lien avec la zone européenne et ses oiseaux de légende, tels que le Gypaète barbu.


Le parc s’associe à la fête des lumières

Le site ouvre en nocturne du 13 juillet au 3 septembre, pour une déambulation autour d’illuminations.

Nocturnes au Parc des OiseauxL’autre nouveauté de l’année 2017, c’est l’organisation de nocturnes du 13 juillet au 3 septembre.  Un projet construit avec la fête des lumières de Lyon qui a conseillé le Parc des Oiseaux pour le choix de l’artiste, Géraud Périole. « C’est la garantie d’une qualité scénographique et des illuminations », estime-t-on du côté du parc.

Les portent ouvrent à partir de 19 heures, les jeudis, vendredis et samedis, pour ces nocturnes. Cela permet aux visiteurs qui le souhaitent de se restaurer sur place. Ces derniers profitent ensuite d’une déambulation aux couleurs du monde inspirée de la thématique de l’année : « Un monde de couleurs ».

Le départ de cette balade nocturne débute sur l’aire de spectacle où le public peut admirer l’étang et la façade arborée se transformer en écran multicolore, sur une musique du compositeur Serge Folie, pour un conte en trois parties. Ensuite, un chemin lumineux l’emmène à travers les allées du parc pour rejoindre la tour panoramique métamorphosée en « fleur géante ». Le haut de cette tour offre une vue imprenable sur le parc, baigné pour l’occasion dans un océan de lumière traversant les arbres. Ce n’est qu’en pénétrant les sous-bois que les visiteurs peuvent découvrir l’origine de la lumière dans un jeu plus calme et plus intimiste.

Le décor insolite de la crique des manchots prend des airs d’un champ de lave en fusion. Cette mise en scène extrêmement réaliste donne l’impression d’une zone volcanique en activité. Une fois arrivés au belvédère, les visiteurs découvrent un paysage lumineux d’une grande intensité à l’opposé de ce qu’ils viennent de traverser : une vision d’une étendue d’eau d’un bleu pur.

Cette nouvelle animation a nécessité de relever plusieurs défis. L’aménagement du site, qui n’était pas prévu pour accueillir du public en nocturne sur une surface aussi étendue, a nécessité près de 200 000 euros d’investissements, notamment pour la sécurité des visiteurs. De plus, sonoriser et illuminer le parc ne devait pas gêner son exploitation habituelle, ni la quiétude des oiseaux.


Par Sébastien Jacquart

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