Tourisme. Pour une activité toutes saisons, les stations de moyenne montagne doivent investir, donc sécuriser leurs recettes.
Voilà un an, maintenant, que la communauté de communes du Plateau de Hauteville a fait installer des canons à neige sur la station de Terre Ronde, neuf pour être exact. Ceux-ci permettent d’enneiger 4 ha de pistes, soit trois remontées mécaniques sur cinq. En ces temps de réchauffement climatique, le projet, situé entre 900 et 1 100 m d’altitude, avait fait polémique. Était-il bien raisonnable d’investir 900 000 euros HT dans un tel équipement, alors que la neige, naturelle ou pas, serait appelée à se faire de plus en plus rare ? Mais précisément, pour Philippe Emin, président de la communauté de communes et du syndicat mixte du Plateau du Retord, c’est la nécessité pour les stations de moyenne montagne de se diversifier vers une activité toutes saisons qui justifie l’investissement. « Souvent, il ne manque pas grand-chose pour atteindre l’équilibre, argue-t-il. Sur les Plans d’Hotonnes, avec un seul canon, on réussit à prolonger la saison d’une quinzaine de jours. C’est le site le plus dépendant de la neige. Vingt-six entreprises ne vivent que sur les recettes qu’elle génère. En une semaine de neige sur les vacances de Noël, les remontées mécaniques engendrent entre 150 000 et 200 000 euros de chiffre d’affaires. Si l’on veut pouvoir lancer des activités toutes saisons, il faut sécuriser et renforcer cette rentrée d’argent. »
La saison dernière, pauvre en précipitations, aurait bien pu être fatale au prestataire qui gère ces remontées. La collectivité a dû intervenir. « Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions très bien pu nous retrouver sans activité, cet hiver, alors que nous avons de la neige. Les gens ne l’auraient pas compris non plus. Et l’on nous aurait certainement pressés d’agir, relève l’élu. Une ouverture de la station sur janvier et les 15 jours de vacances de notre académie en février suffisent à atteindre le point d’équilibre. Si l’on sécurise la neige sur cette période-là, l’objectif est atteint. »
Bien que restée pratiquement en l’état depuis sa conception, il y a 50 ans, la station de Terre Ronde apparaît comme l’un des rares sites à avoir une activité à l’année. « Ici, l’été est presque la saison dominante », lâche Philippe Emin. Cette situation tient essentiellement à la présence de Terre Ronde Aventure, espace d’accrobranche avec des tyroliennes au-dessus d’un plan d’eau, mais aussi aux activités estivales qui exploitent les remontées mécaniques, Devalkart et trottin’herbe. Et une étude a été lancée pour rendre ce site plus visible, notamment au travers d’autres activités d’été, autour de l’eau et de la pleine nature (vélo électrique, accompagnement en trail, sentiers de randonnée…). Ici, la neige de culture a vocation à pérenniser la station, notamment en permettant aux remontées mécaniques de continuer à fonctionner.

Les stations des plateaux du Haut-Bugey sont principalement destinées aux familles et à l’initiation au ski, notamment pour les scolaires. À Hotonnes, 80 % des recettes sont réalisées sur le cœur de station, soit les remontées les plus accessibles. Cela correspond à un public de skieurs débutants ou occasionnels.
Pas d’endettement
Lorsqu’a été lancé le projet de canons à neige de Terre Ronde, la Région venait de sortir son « plan neige ». La communauté de communes a donc reçu un soutien conséquent des conseils régional et départemental, ainsi que de l’État. La collectivité n’a sorti, au final, que 280 000 euros sur 900 000. Cet investissement, réalisé sans endettement de l’intercommunalité, ne concerne pas seulement la neige de culture, mais aussi l’aménagement d’un poste de secours, d’un bâtiment d’accueil et d’une billetterie, ou encore au reprofilage de certaines pistes en vue, entre autres, des activités estivales.
Par Sébastien Jacquart
Plan Montagne : Laurent Wauquiez dévoile l’acte II
La région va investir 20 millions d’euros en faveur de l’immobilier des stations.
Très attendues, les annonces de Laurent Wauquiez ont eu l’effet escompté. Les 300 professionnels de la montagne présents au lancement de l’acte II du plan montagne, lundi 8 janvier à Notre-Dame-de-Bellecombe, sont repartis avec le sourire. « Nous investirons 60 millions d’euros en trois ans », martèle d’entrée Laurent Wauquiez, pointant les 33 millions engagés au seul titre de l’enneigement artificiel. Du jamais vu depuis vingt ans. Et ce n’est pas tout. L’acte II prendra en compte l’immobilier avec à la clé une enveloppe de 20 millions. Trois priorités ont été définies. Le tout assorti d’une simplification des dossiers qui, selon le président d’Auvergne Rhône-Alpes, « doivent être pilotés par le maire ». Premier axe : les hébergements collectifs accueillant des jeunes, notamment les classes de neige. Un défi fondamental pour l’avenir du ski car leur nombre a chuté de 20 % en dix ans. « Le ski ne peut pas devenir élitiste », répète-t-il. La Région soutiendra jusqu’à 40 % des acquisitions foncières ou immobilières et jusqu’à 30 % des travaux de création et de réhabilitation. Deuxième priorité : le logement des saisonniers. Leur création et leur rénovation seront aidées à hauteur de 40 %, quand aujourd’hui 5 800 places d’hébergement leur sont dédiées pour 24 000 emplois en stations. Enfin, dernier volet, et pas le moindre, la rénovation des lits froids. La Région prévoit de financer des appartements témoins innovants (isolation, réhabilitation…) et de soutenir le rachat (jusqu’à 40 %) des résidences touristiques par les communes « pour les remettre sur le marché ». Par ailleurs, elle financera la rénovation de 40 appartements par station dans le cadre des dispositifs mis en place par les collectivités. Et Laurent Wauquiez de conclure par une injonction à la Caisse des Dépôts : « Il faut vous bouger, on attend beaucoup de vous ! Je vais vous mettre au pied du mur. »
Par Patricia Rey







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