L’association Saint-Eloi ouvre à Annecy la première école de production dans le domaine de la bijouterie. Des jeunes formés dans le but de travailler chez des sous-traitants industriels pour des grandes maisons de joaillerie.
Après avoir travaillé quinze années en tant que sertisseur aux quatre coins de la France (Paris, La Rochelle) et en Suisse (Genève, Neuchâtel), Olivier Fruchard avait envie de monter sa propre école de bijouterie afin de former et de transmettre son savoir-faire.
Pour y parvenir, il prend contact avec la Fédération nationale des écoles de production (FNEP) qui regroupe des établissements d’enseignement technique privés hors contrat, où il entreprend une formation. Il créé l’établissement privé Saint-Eloi, porté par une association éponyme dont Grégoire Renoux est le président.
Première promotion
Pour cette première promotion, l’école – installée Faubourg Balmettes en plein cœur d’Annecy – accueille douze jeunes de 15 à 18 ans, tous sélectionnés « uniquement sur leur motivation et non sur leur bulletin scolaire, et un essai de deux jours en atelier », détaille le directeur de la structure. Olivier Fruchard a noué des partenariats avec d’autres établissements scolaires pour que les élèves puissent profiter d’une cantine ainsi qu’un internat, car ses locaux de 250m2 ne lui permettent pour le moment pas d’en disposer. « Ils sont tous internes car il est important de leur enseigner la mobilité, pour pouvoir suivre là où se trouve l’emploi », plaide-t-il.
Car l’objectif est bien que ses jeunes, une fois sortie de l’école Saint-Eloi avec un CAP art du bijoux et du joyaux ou un BMA brevet des métiers d’art en poche, soient « employables ». Les élèves sont formés à des métiers de sous-traitance industrielle pour des grandes maisons, où il y a « une forte demande ».
Une école pas comme les autres
Son originalité réside en la gratuité de la structure. « C’est une école privée hors contrat mais subventionnée par l’Etat ». En effet, outre les subventions de la Région (un tiers) et de l’Etat (un tiers), c’est la production des élèves qui financent leur scolarité. Un système rentable sur cinq ans assure l’ancien sertisseur.
Entre l’aménagement des locaux et l’achat des machines dernières générations (deux lignes de douze établis et douze postes de polissage), la mise en place de cette nouvelle école de production a nécessité 800 000 euros d’investissements (étalés sur cinq ans), obtenus avec des fonds de la Région et de l’Etat, par le biais du plan France relance. Mais aussi grâce au soutien de plusieurs fondations : TotalEnergie, la Caisse d’Epargne, la Banque Populaire et le fonds Groupe Seb.
En attendant de travailler avec des métaux précieux, les jeunes vont commencer par façonner du laiton, et s’entrainer à réaliser des formes de type « carrés et angles droit puis à tracer et découper la matière »… Et à un rythme soutenu, 35 à 37h de cours par semaine, car l’école fonctionne à la manière d’une entreprise.












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