À l’occasion de la 36e rencontre des Ainterpros, le chantier du centre nautique Bugey Sud illustre une opération ambitieuse. Un exemple à la croisée des enjeux environnementaux, techniques et territoriaux.
« Pas de maître d’ouvrage, pas d’architecture. À un moment, si personne ne se décide à investir, qui plus est sur un projet public, rien ne se passe », lançait William Vassal, architecte de l’agence Z Architecture, à l’occasion de la 36e rencontre des Ainterpros du bâtiment durable, organisée jeudi 18 juin au centre nautique de Belley. Un site emblématique en pleine transformation, choisi pour illustrer une opération conjuguant réhabilitation, extension et ambition environnementale.
Construit en 1979, ce centre était devenu vétuste après plus de 40 ans d’utilisation. La Communauté de communes Bugey Sud a fait le choix d’une opération structurante : réhabiliter plutôt que démolir, en conservant l’existant et en limitant l’impact environnemental. Issu d’un concours d’architecture, le projet s’appuie sur une logique d’économie circulaire et de sobriété énergétique.
Le réemploi in situ constitue l’un de ses piliers. Les éléments en bois issus de la déconstruction ont ainsi été valorisés, notamment en façade et en habillage intérieur. « Une déconstruction a permis de récupérer près de 8 m³ de bois, réutilisé ensuite dans les parements », précise Morgane Second, architecte au sein de l’agence Z Architecture. La charpente principale de la halle bassin, quant à elle, a été conservée et mise en valeur, soulignant l’identité architecturale du lieu.
Un projet fondé sur le réemploi
Sur le plan énergétique, près de 270 m² de panneaux hybrides ont été installés en toiture, permettant une production simultanée d’électricité et de chaleur, complétés par 80 m² de capteurs solaires souples, positionnés au-dessus de l’aire de jeux aquatiques. Un ensemble qui participe à l’optimisation du coût d’exploitation du futur équipement.
À terme, les usagers bénéficieront de 435 m² de bassins, combinant espaces sportifs, bassins ludiques et zones dédiées aux enfants, ainsi que de 1 800 m² d’espaces extérieurs réaménagés en terrasses et plages végétalisées. L’extension, qui s’enroule autour de la halle existante sur les façades est, nord et ouest, permettra d’améliorer la fonctionnalité globale du site, tout en conservant son implantation initiale au cœur du tissu urbain.
D’un montant proche de 10 M€ HT, l’opération a obtenu le label “Piscine de demain” avec trois étoiles “Piscine performante”, témoignant d’un haut niveau d’exigence en matière de performance énergétique et environnementale. Une reconnaissance d’autant plus notable que la démarche a été engagée avant les évolutions réglementaires récentes. « C’était un choix volontaire de la maîtrise d’ouvrage. Elle n’y gagnait pas en termes d’obligations, mais une cohérence forte dans la conception du projet », souligne Morgane Second.
La visite du chantier a également été l’occasion de mettre en lumière le savoir-faire des entreprises locales mobilisées sur cette opération, notamment dans l’intégration des matériaux de réemploi. Une pratique encore en cours de structuration, comme l’a rappelé Julien Reboulet, président de Cerestia, la Maison du réemploi, basée à Valserhône.
« Les filières existent, mais demandent encore à être consolidées, tant en volumes qu’en organisation », explique-t-il. Pour Jean-Michel Berthet, vice-président de la communauté de communes Bugey Sud, ce projet traduit un choix assumé. « Réhabiliter plutôt que construire n’était pas la solution la plus simple, mais c’était la plus cohérente. » Fermée depuis juillet 2024, la piscine devrait rouvrir à l’automne, près de deux ans après le début des travaux.

Carole Muet
Crédit image à la une : https://ccbugeysud.com/











Bonjour,
Cette piscine est un établissement sportif qui était utilisé chaque saison par les nageurs de Belley et du département pour établir des performances chronométriques du programme sportif de la FFN.
Avant la rénovation nous avions un bassin de 25 m .Après rénovation et du fait du cuvage inox mal maitrisé, ce bassin ne mesure plus que 24,97 m et n’est donc pas homologable par la Fédération Française de Natation pour faire des temps qualificatifs.Cela prive actuellement le département d’un lieu de compétition que nous utilisions plusieurs fois par saison .
COMITE DE L’AIN DE NATATION
natation-01@wanadoo.fr
Franchement, se plaindre pour 3 cm me paraît indécent quand on pense aux personnes qui n’ont même pas accès à l’eau, qui n’ont pas de piscine, ou qui vivent dans une vraie précarité. Je trouve cette réaction totalement déplacée, et je pèse mes mots.