Ossature bois, matériaux biosourcés et locaux… Le chantier du nouvel équipement s’est voulu respectueux de l’environnement dès sa conception.
Inaugurée le 20 juin, la nouvelle médiathèque de Vonnas constitue non seulement un projet majeur pour la commune, mais sa conception est marquée, « dès l’origine, par le choix de matériaux durables, respectueux de l’environnement et par la volonté de favoriser l’économie locale », selon Françoise Berthoud, adjointe à la culture, à la communication et aux relations avec les associations. Ainsi, le chantier, d’un montant de 1,5 M€ TTC, a-t-il privilégié une ossature en bois du Jura et des isolants biosourcés, en lin, coton et chanvre pour la toiture, en laine de bois pour les murs. Et l’architecte, Laurent Chassagne, de décrire les contraintes : une parcelle peu étendue en cœur de village et la nécessité de respecter l’architecture environnante, tout en donnant au bâtiment une identité assez forte.
Installée en lieu et place d’un bâtiment commercial qui a été démoli, la médiathèque est alignée sur la rue avec les locaux techniques en bord de route, devant une salle d’activité qui doit également servir de tiers-lieu. Aussi, cet espace est autonome, à la fois séparé et articulé avec le reste des locaux par le hall où se trouvent les sanitaires. La médiathèque se situe en retrait, derrière une façade rideau vitrée, « pour montrer ce qu’il se passe dedans, rendre transparente la vocation du site », explique l’architecte. À l’intérieur, des poteaux ronds, tournés dans le Haut-Bugey par la scierie Ducret, évoquent des arbres. Un patio-terrasse est aménagé à l’arrière, dans le prolongement de la salle d’activité. Il est donc utilisable, lui aussi, de manière indépendante.

La toiture, à faible pente, est composée de bacs aciers sur lesquels des panneaux photovoltaïques fournissent une partie de l’électricité du site. Autres entorses à l’usage du bois, les menuiseries sont en aluminium, tandis qu’une partie des façades sont en préfabriqué béton, « laissé brut, lisse ». Une autre partie, elle, est couverte de bardages composites beiges.
Pour le confort d’été, des casquettes protègent la façade est, un large débord de toit la face sud et des lames pare-soleil le côté ouest. La ventilation est assurée, quant à elle, par une centrale de traitement de l’air dotée d’une pompe à chaleur air-eau dissimulée à l’arrière du bâtiment. Avec tous ces éléments réunis, Françoise Berthoud ne pouvait que saluer « le travail de l’architecte et des charpentiers qui ont parfaitement compris la volonté de la commune », lors d’une visite du site le 12 juin, avec la Fédération interprofessionnelle du bois de l’Ain.

L’œil du charpentier
« Les bacs aciers de la toiture sont parmi les seuls à avoir un avis technique pour supporter des panneaux solaires », relève Clément Josserand, dirigeant de l’entreprise de charpente Archirel, à Ambérieu-en-Bugey. Une société vieille de 110 ans qui emploie 30 à 35 personnes et qu’il a reprise, en 2022, avec un associé, Yann Plet. Quant aux bardages en façade, « ce sont des bois compressés. Un matériau qui reste durable car il emploie très peu de colles. C’est la compression qui en assure les propriétés, le rendant quasiment imputrescible », précise-t-il encore. De plus, le charpentier ne craint pas d’utiliser, parmi les essences locales, les bois attaqués par les scolytes, un insecte ravageur de l’épicéa. Même si, pour des raisons esthétiques, il les met en œuvre, de préférence, dans les parties cachées (charpente secondaire et ossature), leurs caractéristiques mécaniques, elles, restent intactes.
Sébastien Jacquart
Image à la une : au sein de la médiathèque de Vonnas, des poteaux en bois tournés dans le Bugey évoquent des arbres.








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