Après une restauration fondamentale, ce chef-d’œuvre de Jean Hey révèle les liens qui unissent la famille de Bourbon, Marguerite d’Autriche et le monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse.
Lorsque l’on pénètre dans l’exposition accueillie par le monastère royal de Brou, le regard est immédiatement happé par une œuvre monumentale. Haut de 1,57 mètre et large de 2,83 mètres une fois déployé, le Triptyque de la Vierge glorieuse, plus connu sous le nom de Triptyque de Moulins, est considéré comme l’un des sommets de la peinture française à l’aube du XVIe siècle. Peint entre 1498 et 1502 par Jean Hey, il est aujourd’hui présenté à Bourg-en-Bresse après avoir été exposé au musée du Louvre. Ouvert, le triptyque dévoile une Vierge à l’Enfant entourée d’anges aux couleurs éclatantes, tandis que les donateurs Pierre II de Bourbon, Anne de Beaujeu, et leur fille Suzanne sont représentés sur les volets latéraux. Fermé, il révèle une Annonciation peinte en grisaille, comme sculpté dans la pierre.
Une histoire de femmes et de pouvoir
Mais l’intérêt de cette exposition dépasse largement la seule admiration de l’œuvre. Brou est sans doute l’endroit idéal pour l’accueillir. Car derrière le tableau se dessine l’histoire de trois femmes exceptionnelles : Anne de Beaujeu, sa belle-sœur Marguerite de Bourbon et la fondatrice du monastère Marguerite d’Autriche. Éduquée à la cour de France par Anne de Beaujeu, Marguerite d’Autriche reçoit une véritable culture artistique qui marquera durablement sa vie et ses choix de mécène. L’exposition révèle ainsi les liens profonds entre la cour des Bourbons, le duché de Savoie et les anciens Pays-Bas. Ce que le visiteur découvre dans les peintures de Jean Hey trouve un prolongement dans l’architecture, les sculptures et les vitraux du monastère royal de Brou. Présenter le Triptyque de Moulins à Bourg-en-Bresse relève donc moins du hasard que de l’évidence historique.
Cette exposition offre bien plus qu’une parenthèse artistique. Elle permet de redécouvrir un chef-d’œuvre restauré, mais aussi de comprendre comment des liens familiaux, politiques et culturels ont contribué à façonner l’Europe de la Renaissance. Une belle invitation à lever les yeux et à prendre son temps, après le bureau.
Carole Muet







Bonjour, le monastere royal de Brou est bien le mosolée d’un Duc de Savoie? Brou etait en Savoie lors de sa construction?