Le rendez-vous du Pipa donne depuis deux ans le ton de la rentrée économique dans le territoire, en réaffirmant sa stratégie de développement tout en expliquant ses projets d’aménagements.
Le Parc industriel de la plaine de l’Ain est une vaste étendue dans laquelle il faut savoir naviguer. Ce n’est pas pour rien si son “rendez-vous”, événement économique d’échanges entre industriels et élus du territoire, 2e du nom, jeudi 23 septembre au Centre international de rencontres à Saint-Vulbas, a eu comme invité d’honneur un certain Marc Thiercelin, skippeur international, explorateur et… entrepreneur. Le Seine-et-Marnais qui totalise 5 tours du monde en solitaire a insisté auprès des chefs d’entreprise et des élus sur l’anticipation dont il faut faire preuve quand on dirige à la fois une entreprise comme la sienne, forte de 300 employés, et un bateau en pleine mer. Diriger une entreprise ou un bateau lancé toutes voiles dehors réclame anticipation et « planification », dont Churchill disait que « rien ne peut se faire sans ».
« Nous avons résisté à Amazon »
Avant Thiercelin le marin, Jean-Louis Guyader, président amiral de la CCPA et du SM PIPA, qui organisait au côté du Club des entreprises du PIPA ce “rendez-vous”, a largué les amarres en livrant au public les principales « décisions d’aménagements et autres volontés stratégiques » du PIPA, se félicitant d’avoir vu le Parc en 2020, annus horribilis, « réussir à créer 400 emplois, quand d’autres territoires ont souffert ». Et de rappeler deux atouts parmi d’autres qui contribuent coûte que coûte au développement du parc, « Une proximité avec la grande métropole lyonnaise et une fiscalité pour les entreprises intéressante ». Jean-Louis Guyader et son conseil mettent un point d’honneur à maintenir l’équilibre entre les entreprises et à garder un périmètre de vie. Pour cela, ils n’ont pas hésité à « résister à Amazon », très intéressé par une implantation qui aurait forcément bousculé cet équilibre.
Prendre de la hauteur
Soucieux des enjeux environnementaux, le président a ensuite invité à réfléchir sur les nouvelles constructions d’entreprise qui devront utiliser la hauteur pour dévorer moins d’espace au sol. Il a glosé sur ces conteneurs issus de Chine, débarqués à Marseille où ils sont pris en charge par des camions jusqu’à Lyon, avant d’être acheminés au Pipa avec un bilan carbone néfaste. Une volonté politique où chacun se sera retrouvé. « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres […] Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer », disait Antoine de Saint-Exupéry. Ce à quoi, Breton revendiqué, le président du Pipa semble s’attacher.
400
C’est le nombre d’emplois qui ont été créés en 2020 dans le Parc industriel de la plaine de l’Ain.
Le Club des entreprises, sérieux et ludique à la fois
En 2021, 106 entreprises du Parc Industriel y sont représentées, faisant du club des entreprises un véritable acteur au service de ses adhérents. « Le club représente 6 060 salariés ! » se félicite son président, Sébastien Gomez. Au cours du rendez-vous du Pipa, il a listé publiquement tous les événements à vocation professionnelle ou ludique organisés par le club dont les objectifs, en plus de « favoriser la mise en relation des entreprises afin d’augmenter leur synergie », est de faciliter les échanges, les rencontres et la diffusion d’informations dans la convivialité, notamment des visites croisées d’entreprises dédiées aux dirigeants, afterworks, business café… rencontres régulières et conviviales entre dirigeants et/ou salariés. Pour rejoindre le club, il faut être un acteur économique ou social implanté physiquement sur le Parc industriel de la plaine de l’Ain.

« 150 000 emplois non pourvus »
Stéphanie Pernod-Beaudon, 1re vice-présidente de la région déléguée à l’économie, a mis l’accent sur l’emploi en tension.
Précédent au pupitre Marie Godard-Pithon, directrice performance et investissement chez Vicat, dernier cimentier français, qui insista sur « l’agilité à mettre en place dans les entreprises afin de réagir rapidement devant tout problème », l’Aindinoise Stéphanie Pernod-Beaudon, 1re vice-présidente de la région déléguée à l’économie et locale de l’étape, a évoqué la relocalisation et la préférence régionale prônées par Laurent Wauquiez. « Relocaliser, c’est le premier geste de transition écologique que l’on peut faire ! » assure-t-elle. Et d’insister, « On a intérêt à ce que l’argent public d’un projet aille à une entreprise régionale », quitte à « changer la réglementation européenne », tout en se félicitant que « 80 % des entreprises qui candidatent pour des marchés à la Région sont auralpines ». Quant à la tension sur l’emploi en région qui met à mal la relance, elle a déclaré que le Conseil régional a lancé AuRA Orientation dans les établissements scolaires, dans le but « d’expliquer aux jeunes les métiers qui existent à côté de chez eux, car il y a trop peu de gens formés dans les secteurs en tension. » Pour elle, les difficultés que rencontrent certaines entreprises en ce moment sont « inexplicables… dans une région qui compte 150 000 emplois non pourvus ». Concernant le Parc industriel de la Plaine de l’Ain, elle n’y voit que des avantages : « 12 syndicats comme le PIPA existent dans la région. L’intérêt, c’est qu’on a en face de nous les financeurs. Ce sont des solutions de développement économiques raisonnés. »
« J’espère que vous avez apporté votre chéquier car nous avons beaucoup de projets », lui avait lancé avant cela, non sans un brin d’humour, Jean-Louis Guyader. « Non, je n’ai pas apporté mon chéquier ! » lui a-t-elle rétorqué, non sans humour, elle aussi, devant une salle un peu trop sage. Mais il vrai que quand on parle argent, tous ceux qui ont un porte-monnaie écoutent.
Eliséo Mucciante








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