Plusieurs industriels se sont accordés sur le manque de structuration du secteur, lors du salon Mecaplastronic Connexion, le 13 octobre à Ainterexpo.
«Il est important de préciser que la plastronique n’est pas une discipline concurrente de l’électronique traditionnelle, explique Amaury Veille, directeur technique chez Smart Plastic Products. Nous sommes vraiment en complémentarité et en apport de solutions nouvelles sur des problématiques d’intégration ou de miniaturisation. » Prometteuse d’efficacité, la plastronique est un domaine assez jeune, ayant encore besoin de structuration. Un aspect sur lequel se sont accordés plusieurs industriels, lors d’une table ronde au salon Mecaplastronic à Bourg-en-Bresse, le 13 octobre. « On observe une maturation des idées des industriels, avec des demandes de plus en plus pointues. On remarque également la nécessité de parler un langage commun. Quand on discute qualité et cahier des charges, il faut être sûr d’utiliser les mêmes termes, tout en leur donnant le même sens. »
Pour le directeur technique, il n’y a rien de pire dans un produit plastronique ou plus généralement d’innovation, qu’un donneur d’ordre persuadé d’être clair dans ses propos et un porteur de solution d’être clair dans ce qu’il va faire, pour se retrouver avec un produit final qui ne fonctionne pas comme il devrait car dès le départ, les interlocuteurs n’ont pas utilisé le même langage. « Cela peut tuer le produit, tuer une idée, voire mettre des entreprises en difficulté. » Des propos confirmés par Christian Dreesen, dirigeant d’Arc-en-Ciel Sérigraphie. « Il est important d’utiliser le même vocabulaire. On parle d’électronique structurelle, d’électronique imprimé, de plastronique, etc. Est-ce que nous parlons tous du même sujet ? Si oui, pourquoi ne pas utiliser les mêmes mots ? » Selon lui, le premier effort à faire serait de réaliser des groupes de travail pour unifier certains aspects de la plastronique, secteur par secteur. Au-delà des éléments de langage, les normes elles-mêmes manquent d’uniformité.
Jouer le même jeu
« Si tout le monde veut jouer au foot, il faut les mêmes règles, illustre le dirigeant d’Arc-en-Ciel Sérigraphie. Et en France, on ne va pas se contenter de la quatrième division, on a des ambitions un peu plus importantes. Il faut se confronter à toute l’Europe et au monde entier. Pour cela, il faut que les normes soient, si possible, les plus proches les unes des autres. » Une uniformité coûteuse rappelle Christophe Dupuis, ingénieur mécanique et plastronique chez Décathlon, de nouvelles normes impliquant nécessairement une adaptation des produits. Toutefois, elle semble plus nécessaire dans un domaine qui regroupe les métiers de la sérigraphie, de la plasturgie et de l’électronique. « Il ne faut pas que les normes soient interprétables, elles doivent être écrites. Dans le cas contraire, en cas d’incident, nous ne saurons pas si nous pourrons être tenus responsables d’avoir interprété un texte, en mal », complète Christian Dreesen.
Mecaplastronic, bientôt un rendez-vous annuel ?
« La trentaine d’exposants a exprimé un niveau de satisfaction assez élevé », se réjouit David Bilman, directeur général adjoint chez First Connection, société organisatrice de Mecaplastronic. Le salon de la mécatronique, la plastronique et de l’électronique imprimée s’est tenu à Ainterexpo les 12 et 13 octobre. Les conférences ont remporté un franc succès. Les retours sont si bons que c’est acté, Mecaplastronic ne se tiendra plus une année sur deux, mais tous les ans. « Un salon comme celui-ci permet de mettre en relation des PME et des grands groupes. Les sujets évoqués évoluent très rapidement et les industriels s’intéressent de plus en plus à leur application, notamment pour la plastronique et l’électronique imprimée qui sont encore très récents. Ce sont des produits extrêmement innovants, avec un potentiel technologique incroyable. »
200
Triés sur le volet pour éviter le démarchage au sein du salon, ils ont été 200 visiteurs à pouvoir parcourir les allées de Mecaplastronic.
L’électronique imprimée, le futur des circuits électroniques ?
Lors du salon Mecaplastronic, l’électronique imprimée, en plein développement, a eu droit à son quart d’heure de gloire.

« L’électronique imprimée peut apporter de nouvelles fonctionnalités directement intégrables à l’intérieur des pièces, explique Anne-Lise Maréchal, déléguée générale de l’Afelim (Association française de l’électronique imprimé), lors du salon Mecaplastronic les 12 et 13 octobre à Bourg-en-Bresse. Ce domaine peut ouvrir de nouvelles opportunités de miniaturisation, particulièrement importantes, surtout dans le domaine médical. » Apparue sur le marché il y a quelques années, cette technique consiste à imprimer un circuit électronique entier à l’aide d’un substrat. Une méthode qui permet une bien meilleure intégration de l’électronique au produit. « Ce procédé présente de nombreux avantages. Il permet flexibilité et conformabilité, ce qui est sa qualité principale, mais également légèreté et solidité, finesse et personnalisation, une densité de fonctions et une faible consommation pour les applications nomades qui sont de plus en plus demandées. Et nous sommes en train de faire des études pour prouver qu’il est possible de recycler l’électronique imprimé. »
Le process présenterait, lui aussi, plusieurs atouts. En effet, les procédés additifs permettent un gain de matière. « Nous avons aussi des salles propres nettement moins consommatrices qu’avec l’électronique silicium. Les investissements sont dix fois moindres et faciles à intégrer en France. Certaines sociétés doublent leur production. C’est un domaine en pleine expansion. »
Si les avantages sont nombreux, les applications le sont tout autant. Que ce soit dans l’affichage, l’automobile, l’aéronautique, le bâtiment, le médical, les jeux, l’environnement, la cosmétique ou encore la sécurité, l’électronique imprimée s’adapte à tous les secteurs.
Joséphine Jossermoz








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