Le 20 000e contrat du genre a été signé mi-juillet. Retour sur son fonctionnement et ses avantages.
L’étape du 20 000e CDI Intérimaire a été franchie le 12 juillet. Un dispositif largement porté par Adecco puisque l’entreprise de travail temporaire en a signé à elle seule 9 300, dont 887 en Auvergne Rhône-Alpes et 122 dans l’Ain. « Nous avons signé le premier le 7 mars, au lendemain de l’entrée en vigueur du dispositif, mais il aura fallu attendre la loi du 18 août 2015, dite « Loi Rebsamen », pour que ce contrat d’un nouveau genre prenne son essor, avec le passage d’une durée de mission de 18 à 26 mois et la suppression du délai de carence sur cette période, rappelle Florence Oumeretane, directrice du CDI Intérimaire chez Adecco. Nous n’en étions alors qu’à un peu plus de 600 contrats signés. Fin septembre de la même année, on signait le 1 200e. Ce contrat, c’est la suite logique des engagements sociétaux que nous avions pris en 2011 pour sécuriser la situation des intérimaires. Pour beaucoup d’entre eux, le CDI intérimaire représente le premier contrat à durée indéterminée de leur carrière. Cela sécurise leur vie professionnelle et personnelle, en leur permettant notamment d’obtenir des financements bancaires, un logement, etc. Sans oublier le sentiment d’être mieux intégrés sur le marché de l’emploi. »
Gagnant-gagnant
Du côté de l’entreprise de travail temporaire, le dispositif répond au besoin de fidéliser les meilleurs éléments, pour pouvoir les mettre à disposition de ses clients. « Une fois le contrat signé, le travail des agences consiste à faire en sorte que les missions s’enchaînent. L’intérimaire, lui, n’a plus la hantise de savoir s’il va avoir du travail ou non. Nous menons avec chacun d’eux des entretiens de suivis, des bilans professionnels. Nous leur ouvrons tout le champ des possibles de la formation et par là même, la possibilité d’évoluer, soit pour se spécialiser dans leur domaine d’activité, soit au contraire pour élargir leur polyvalence », relève Florence Oumeretane. Le CDI intérimaire suppose en effet, une inscription sur trois métiers d’intervention, pour que les agences aient un panel plus large de missions à proposer à leurs salariés.
« C’est la loi Rebsamen qui a permis au CDI intérimaire de prednre son essor.«
La formation peut leur permettre de faire évoluer ces domaines d’action, de remplacer un métier par un autre. C’est aussi un moyen d’adapter la main d’œuvre aux évolutions des métiers. « Le CDI Intérimaire est un dispositif intéressant pour sécuriser nos investissements en formation car ils s’inscrivent du coup dans une démarche moyen-long terme », estime la directrice. Une vraie démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences conduite avec les entreprises clientes. « En anticipation des départs en retraite, le dispositif leur permet de repérer les talents qu’elles vont pouvoir intégrer en remplacement ou garder en CDI intérimaire selon leurs besoins. Les missions peuvent s’étaler sur une durée de 36 mois sans délai de carence, sur un même poste. Mais, la formation permet de faire évoluer les compétences de la personne, donc de la garder dans l’entreprise, de repartir sur une mission de longue durée, sur un autre poste. »
Formation
Pour Prism’emploi, l’organisation professionnelle des entreprises de recrutement et de l’intérim (elle fédère 600 entreprises représentant 90 % du chiffre d’affaires du secteur), « le déploiement réussi du CDI intérimaire traduit la capacité de la branche à imaginer des solutions nouvelles pour encourager la mise à l’emploi et son engagement à les concrétiser ».
Les chiffres du CDII
Selon Prism’emploi, 800 à 1 000 CDII sont signés chaque mois depuis janvier 2016.
51,5 % des signataires sont des ouvriers non qualifiés, embauchés à 51 % dans l’industrie.
62 % des CDII sont en mission dans des PME (30 % moins de 50 salariés ; 32 % entre 50 et 200 salariés).
Par Sébastien Jacquart







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