Officiellement installée le 11 avril dernier à la préfecture de l’Ain, la nouvelle représentante de l’État, troisième femme en trois ans, a fait un tour d’horizon des dossiers qui l’attendent.
Vous arrivez de Tarn-et-Garonne où vous occupiez des fonctions en tant que première représentante de l’État. Vous succédez à Cécile Bigot-Dekeyzer restée en poste seulement pendant un an et demi, avez-vous eu l’occasion d’échanger avec elle sur les dossiers en cours ?
Tout d’abord, j’ai lu qu’il y avait eu une valse des préfètes. Aussi je vous le dis, je ne sais pas valser. Mais, vous connaissez le jeu des nominations, cela ne dépend pas de moi. Je prends mes fonctions avec grand plaisir et c’est une grande joie de découvrir ce département. Comme je l’ai indiqué aux personnalités que j’ai rencontrées lors de la cérémonie marquant ma prise de fonction, j’ai envie de bien le connaître. Il me faut donc le sillonner pour bien comprendre ses rouages, ses ressorts, sa culture et ses habitudes. C’est comme ça que j’aborde un département lorsque j’arrive dans une nouvelle préfecture. Titulaire d’une licence en ethnologie et lectrice de Fernand Braudel, je suis assez attentive aux cultures et aux traditions. Le terroir et l’identité sont des valeurs qui me parlent.
Quel regard portez-vous sur les enjeux de biodiversité, de gestion de l’eau et de sobriété foncière ?
Arrivant en toute humilité et modestie sur un territoire que je ne connais pas encore, je ne peux pas le décrire. De ma première réunion avec l’équipe préfectorale, j’ai pu avoir un aperçu des différents enjeux, notamment dans les arrondissements. Des rencontres vont se faire dans les prochaines semaines avec les acteurs locaux sur leurs attentes et leurs projets. J’attache beaucoup d’importance à développer les projets avec les élus du département, à travailler en collégialité et en confiance. J’aime beaucoup travailler en collectif afin d’adapter au mieux les décisions pour faire en sorte qu’elles s’adaptent bien aux enjeux locaux.
La gestion de l’eau est un dossier prioritaire. Tout le monde est mobilisé sur le sujet. Il faudra également sensibiliser la population afin que l’on soit tous responsables. Ce sera un sujet de préoccupation durable avec des mesures à court, moyen et long terme. En Ariège comme dans le Tarn-et-Garonne, les enjeux étaient très différents avec des thématiques comme le pastoralisme ou la protection de l’ours pour le premier département, l’agriculture de vergers pour le second, premier producteur de pommes en France. Mais sur ces deux territoires, la problématique de la gestion de l’eau se posait déjà bien avant la sécheresse de 2022. Et ceci pour tous les usages, qu’ils soient agricoles ou industriels, ou même sur l’eau potable.
En matière d’urbanisme, je suppose que les collectivités locales aindinoises se sont dotées de tous les outils de planifications dans un département où l’on accueille de nombreux nouveaux habitants tous les ans. En termes de sobriété foncière, il faut être conscient que le développement du pavillonnaire n’est plus à promouvoir.
Comment allez-vous appréhender le monde économique et industriel du département ?
C’est un aspect important et l’État, avec les collectivités, a beaucoup réinvesti le monde économique, à travers le Plan de relance, à la sortie de la pandémie, ou avec France 2030, qui constitue un plan très ambitieux pour l’innovation et la recherche. Je sais qu’il y a des centres de recherche et des filières d’excellence dans ce département qui pourront émarger à ces aides de l’État. À mon niveau, comme pour les services, les rencontres avec le monde économique devront être très régulières, pour promouvoir toutes les aides et soutiens à l’activité, mais aussi au monde agricole. Nous continuerons à faire valoir ces dispositifs, par exemple dans le domaine de l’énergie avec les boucliers, et à travailler avec les services financiers des entreprises qui en auraient besoin.
Bio express
- 30 octobre 1964 : Naissance à Guéret, dans la Creuse.
- Diplômes : Maîtrise de droit, IEP Paris ; Licence d’ethnologie
- 1er janvier 2001 : Élève de l’ENA, promotion René Cassin
- 2013-2014 : Inspectrice générale de l’administration
- 2018-2020 : Préfète de l’Ariège
- 2020-2023 : Préfète du Tarn-et-Garonne
- 22 mars 2023 : Préfète de l’Ain
Carole Muet








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