Pour sa parcelle de culture bio à Serraval, le groupe cosmétique Clarins a signé avec Asters une obligation réelle environnementale (ORE) d’une durée de 99 ans.
En 2016, Clarins a acheté 10 hectares sur la commune de Serraval (74), à 1 400 mètres d’altitude. Le site, auparavant dédié à la production de fruits rouges, est désormais axé sur la culture bio d’espèces comme la gentiane, la mélisse, la saponaire, le bouillon blanc ou encore la joubarbe, qui entrent dans la composition des crèmes et lotions développées par le groupe (8 500 salariés pour un chiffre d’affaires estimé de 2 milliards d’euros en 2020).
Des actions librement consenties
En signant, pour l’exploitation de ce terrain agricole, la première ORE (obligation réelle environnementale) associant, en France, un acteur privé à un conservatoire des espaces naturels (CEN) – Asters, en l’occurrence –, la marque de cosmétiques a souhaité ancrer davantage encore ses engagements en matière de développement responsable. « Notre ORE va vivre durant 99 ans, soit la durée maximale prévue par cet outil juridique qui permet d’attacher un terrain, et non un propriétaire, à des actions librement consenties », souligne Virginie Courtin-Clarins, directrice générale déléguée, chargée de la RSE et représentante de la troisième génération du groupe familial.
Au rythme de la nature
Utilisation de chevaux pour les labours, agroécologie, permaculture, culture à l’ancienne, intrants naturels… : supervisé par une équipe de deux permanents, le Domaine Clarins s’attache à respecter les rythmes de la nature. Au-delà de son rôle dans la sécurisation des approvisionnements de la marque, il est un laboratoire à ciel ouvert pour l’étude et l’observation du milieu. Parmi les pistes de travail : l’érosion des sols, l’adaptation au changement climatique, la biodiversité (avec, par exemple, un projet de conservation des sabots-de-Vénus, une orchidée inscrite sur la liste rouge des espèces menacées dans la région).
Plan de gestion
Asters (3,60 M€ de budget en 2020 et une cinquantaine de salariés) intervient aux côtés de Clarins pour établir le plan de gestion et définir les enjeux environnementaux. « Cette ORE entre un groupe de renommée internationale et une association locale est originale et représente évidemment une grande fierté pour nous », sourit Thierry Lejeune, son président. « Notre appui permettra sans doute de développer des relations avec des acteurs locaux comme les universités de Savoie et Grenoble ou le Laboratoire botanique alpin avec lequel nous collaborons étroitement ». Le CEN de Haute-Savoie travaille déjà, en lien avec le Département, pour que le site soit classé en espace naturel sensible. Et prévoit de développer des actions pédagogiques, en direction des écoles.
crédit photo : Olivier Löser pour Clarins.
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Dans la continuité
L’ORE signée entre Clarins et Asters vient renforcer un partenariat engagé depuis vingt-cinq ans. À l’époque, la mise en relation s’effectue par le biais de la fondation AlpAction, de l’Agha Khan, dans le cadre du programme de réintroduction du gypaète. Séduit, Christian Courtin-Clarins, le président du groupe cosmétique, décide de soutenir les différentes actions conduites par le Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie (Asters). Celui-ci a proposé trois sites au groupe, dans les Aravis et le Bargy. C’est finalement celui de Serraval qui a retenu son attention pour créer le Domaine Clarins.








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