La reconduction du contrat énergétique entre EDF et Trimet France, en cours depuis 2013, a été signée en présence de deux ministres à Saint-Jean-de-Maurienne, lundi 26 juin 2023. Une entente sanctuarisée pour dix ans.
« EDF est fière de continuer ce partenariat industriel avec Trimet, qui a toujours été, au long des vingt dernières années, l’entreprise par laquelle l’innovation a rayonné sur le plan des produits, mais également dans la façon intelligente dont nous les concevons et dans nos échanges sur l’électricité et la production électrique », se félicitait Luc Rémont, PDG d’EDF, signataire de l’accord d’approvisionnement décennal préférentiel avec Trimet.
Ce satisfecit d’EDF (chiffre d’affaires 2022 : 143,5 Md€), actionnaire de Trimet France à hauteur de 35% depuis 2013, ne signifie pas que l’accord a été facile, selon Philipp Schlüter, président de Trimet France SAS : « Même si les négociations ont été plus longues que prévu, nous avons réussi à trouver un terrain d’entente et j’en suis heureux. »
Bientôt un aluminium neutre en carbone ?
Le chiffre d’affaires 2022 de Trimet France s’est établi à 500 M€, avec 650 salariés. C’est la part du lion au sein du groupe, qui dégage 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires avec 2400 salariés sur ses neuf sites, dont deux en France : Saint-Jean-de-Maurienne et Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne).
« Trimet fournit à ses clients de l’aluminium bas carbone, tandis que l’empreinte CO2 de l’aluminium importé du Moyen-Orient ou de Chine est trois à cinq fois plus élevée », souligne Philipp Schlüter, qui poursuit son analyse du marché en ces termes : « L’aluminium est recyclable à l’infini et nous nous efforçons d’augmenter le taux de recyclage de nos produits, mais notre objectif va plus loin. Nous travaillons à la production d’un aluminium neutre en carbone, conformément aux ambitions française et européenne pour les deux prochaines décennies. »
Les récents bouleversements ont affaibli l’industrie et le monde de l’énergie, avec d’abord la pandémie de covid 19, puis la guerre en Ukraine, dont les conséquences sur les flux des matières premières – en particulier le gaz importé en Europe – ont été rudes.

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, présente chez Trimet lundi en compagnie du ministre de l’Industrie, Roland Lescure, prévenait ainsi : « Si, demain, nous voulons rester ces pays où il fait bon vivre, avec un pouvoir d’achat important, où la rémunération des salariés peut encore augmenter, alors il va falloir se battre pour l’industrie et se battre pour l’énergie… Le plan sobriété, c’est l’équivalent de sept réacteurs économisés au cœur de l’hiver. Quand on sait ce que représente la construction de sept réacteurs, ce plan prend tout son sens. »
Quant à Trimet, l’entreprise a le vent en poupe grâce à EDF, son actionnaire… et client : ses bobines d’aluminium sont destinées en grande partie à la fabrication des câbles électriques moyenne et haute tension. Le parc français existe depuis plus de quatre-vingts ans.
Son renouvellement, doublé de la nécessité de développer le maillage territorial pour répondre aux nouveaux besoins en électrification, représentent un marché majeur pour Trimet. D’après Luc Rémont : « À travers ce contrat, nous démontrons qu’il y a une voie pour l’ensemble des industries dans un nouveau marché électrique où nous nous inscrivons sur le long terme. Pour garantir la bonne fourniture d’une électricité décarbonée et compétitive, EDF a besoin d’investir aujourd’hui plus que jamais ».

Privatisation des barrages : la France résiste
La libéralisation des barrages, chère à Bruxelles, continue de faire grincer des dents la France, qui défend un enjeu stratégique. Pour Martine Berthet, sénatrice LR de la Savoie, « l’ouverture à la concurrence de nos barrages hydroélectriques n’est pas un scénario à envisager ni même à imaginer. La guerre en Ukraine et la rareté de l’énergie en témoignent : il faut absolument que nous puissions garder la maîtrise de notre production électrique. Je ne vois pas comment la France accepterait. »
Le député LFI Jean-François Coulomme, quant à lui, exprime son indignation : « Cette injonction de l’Europe est un triple scandale : celui de confier à des intérêts privés le marché de l’électricité alors qu’il est excessivement rentable ; celui d’abandonner à des tiers notre savoir-faire français ; et surtout, c’est prendre le risque que celui qui tiendra les robinets de nos barrages d’altitude, obtienne la mainmise sur les réserves en eau de toute une population ! »









belle entreprise industrielle qui fait la fierté de notre industrie !
Oui l’Europe et sa stratégie ultralibérale peut être dangereuse pour notre pays. Non à la privatisation de nos barrages hydroélectrique !
On a vu ce que les décisions européennes ont fait sur les prix de l’électricité dépendant du gaz: une catastrophe économique pour les entreprises et les ménages français !