Festivals, heureux de reprendre

par | 26 mai 2021 à 8H00

Les festivités tant attendues de l’été peuvent enfin reprendre. Fasse à la crise sanitaire et à l’absence de consigne, les organisateurs envisagent divers scénarios.

Terrasses, cinémas et théâtres, ne sont pas les seuls à rouvrir. Les artistes vont également pouvoir remonter sur scène et le public se réunir pour écouter de bonnes “vibes”. Dans l’Ain, les organisateurs redoublent d’effort pour être prêts et se tiennent à l’affût pour parer à toute éventualité.

« Nous sommes heureux d’avoir de la visibilité sur les mois à venir, mais prudents. Nous sortons de plusieurs mois de grande difficulté et de grande précarité pour de nombreux artistes et le fait que cela puisse rouvrir en pleine jauge en juillet semble très lointain », explique Pierre Bornachot, directeur artistique du festival d’Ambronay.

Adaptation

L’adaptation est devenue un maître mot pour les organisateurs de festival. Celui de Pérouges a d’ailleurs pu être maintenu. « Nous avons passé des mois à faire et à défaire, finalement, l’événement est maintenu, mais décalé en septembre, au château de Chazey. Ce lieu unique sera spécialement aménagé au vu des nouvelles contraintes sanitaires. Nous ne souhaitions en aucun cas réitérer une deuxième année blanche. En tant qu’événement ancré sur son territoire, nous avons le devoir de recréer la vie, l’activité. Un peu comme le font les restaurateurs, les terrasses, les spectacles, etc. Nous nous relançons, certes dans une petite version, mais ce qui compte est que l’on soit présent. Nous voulons retrouver du public, nos partenaires, mais aussi notre modèle économique progressivement, même si nous savons que tout est à faire, ou plutôt, tout est à reconquérir », commente Marie Rigaud, directrice artistique du Printemps de Pérouges. Faire et défaire, Pierre Bornachot le constate aussi. « Désormais, pour organiser un événement, nous préparons forcément un scénario A, mais également un B et un C. Avant, nous étions plus sur une sorte “d’autoroute” d’organisation où le chemin était tout tracé. » Camille Marchalot, directrice artistique du festival Cuivres en Dombes, se prépare au pire. « Nous attendons toujours les annonces pour savoir quelles seront les consignes. J’espère que nous les aurons mi-juin. D’ici là, nous organisons l’événement comme si nous étions sur le gros de la crise et nous allégerons le dispositif si c’est possible. »

Annulation

D’autres, en revanche, ont eu moins de chance. « Nous sommes passés à la trappe une fois de plus », déplore Jacky Patonnier, directeur artistique du festival Good Rockin’Tonight. En effet, se tenant tous les ans en avril à Attignat, le festival de rock n’a pas pu bénéficier des annonces de déconfinement, trop tardives pour lui. Pour l’association, organiser son événement au mois d’avril est un choix. « Nous sommes attachés au fait d’être un des premiers à lancer la saison des festivals. Nous nous sommes posé la question compte tenu de l’année blanche en 2020, de décaler la date en 2021. Mais l’été compte déjà trop de dates diverses et nous proposons des hébergements en location aux festivaliers par le biais de la Plaine Tonique. Ce système, nous ne pouvons le mettre en place qu’une semaine avant la réouverture saisonnière de la base. De plus, nous sommes un festival de rock’n’roll et il est inenvisageable de demander au public de rester assis pendant les concerts. Les gens sont debout, côte à côte et ils vont danser. On ne peut pas perdre notre âme en créant un festival allégé. » Si le Good Rockin’Tonight ne rassemble “que” 5 000 personnes, pour Marie Rigaud, les sanctionnés de la Covid-19 seront les gros rassemblements. « Pour eux, il est impossible de passer de soirées de 30 000 spectateurs, à des soirées de 5 000 personnes, le maximum requis. Économiquement, ce n’est pas viable. »

L’été devrait donc laisser la place à de plus petits événements, plus facilement adaptables aux conditions sanitaires.

©Cuivres en Dombes
Cuivres en Dombes jouait en 2017 à la maison forte de Villon.

La crise sanitaire, un temps de réflexion

« Habituellement, nous sommes pris dans l’engrenage du travail. Finalement, cette année Covid nous a donné du temps pour réfléchir, explique Camille Marchalot, directrice artistique du festival Cuivres en Dombes. Nous en avons profité pour refondre totalement notre site internet. Mais nous devenons également un éco-événement. Nous allons essayer de ne plus être créateurs de déchets. Un challenge pour un festival. » Même constat pour l’Abbaye d’Ambronay, qui a profité de cette année pour enrichir son offre. « Du 2 au 11 juillet, nous avons prévu un événement supplémentaire : l’Abbaye en fête, avec des concerts, des visites en musiques et de nombreuses autres surprises », ajoute Pierre Bornachot, directeur artistique du festival d’Ambronay.


5 000

Près de 5 000 festivaliers viennent habituellement au Good Rockin’ Tonight, pour plusieurs jours de rockabilly à Attignat.

10 000

Le Printemps de Pérouges devrait drainer 10 000 spectateurs contre 45 000 habituellement.


Quelques dates clés

  • Festival de ContreBande dessinée : du 29 au 30 mai à Ferney-Voltaire
  • Swing sous les étoiles : du 2 au 7 juillet à Miribel
  • Cuivres en Dombes : du 9 au 31 juillet à Villars-les-Dombes et alentours
  • Oh ! Bugey : du 15 au 17 juillet à Oyonnax
  • Festival à la folie… Pas du tout : du 17 juillet au 28 août à Bourg-en-Bresse
  • Sylak Open Air : du 30 juillet au 1er août à Saint-Maurice-de-Gourdans
  • Les musicales du Parc des oiseaux : du 28 août au 12 septembre à Villars-les-Dombes
  • Printemps de Pérouges : du 9 au 19 septembre au château de Chazey-sur-Ain
  • Festival d’Ambronay : du 10 septembre au 3 octobre à Ambronay

Joséphine Jossermoz

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