À l’occasion des travaux de rénovation d’une grange mise à disposition d’une maraîchère, les élues de Grand Annecy ont fait le point sur le plan alimentaire territorial.
Pour sa deuxième année de production, Anne Aurière est satisfaite, même si les fortes chaleurs ont ralenti sa production de légumes. Installée en bio depuis 2023 à Alby-sur-Chéran grâce au soutien de Grand Annecy, la jeune maraîchère vend ses petits fruits, légumes et fleurs en direct, via des paniers, sur les marchés ou auprès des restaurateurs locaux. Elle répond en cela en tout point aux demandes de l’agglomération qui a favorisé son installation dans le cadre de son plan alimentaire territorial (PAT).
La parcelle d’un hectare sur laquelle elle travaille a en effet été achetée fin 2022 par Grand Annecy avec la grange qu’elle contient, puis mise à sa disposition à la faveur d’un bail agricole de 30 ans. « Il restait à rénover la grange pour qu’Anne dispose d’un outil optimal », expliquait mercredi Fabienne Duliège, vice-présidente à l’agriculture. Les travaux de remise en état ont commencé et seront terminés à l’automne, pour un coût de 280 000 euros. Au total, avec l’achat de la parcelle, l’agglomération aura investi 430 000 euros dans ce projet, premier acte fort de son PAT.
Celui-ci est une démarche volontaire qui vise à développer l’agriculture locale, à la diversifier et à augmenter l’autonomie alimentaire. Il couvre les 34 communes et répond à quatre enjeux : la lutte contre la précarité alimentaire ; la diversification des productions et une rémunération juste des producteurs ; l’évolution des pratiques agricoles ; la sensibilisation au bien manger. 45 actions ont été validées en 2023, regroupées dans quatre axes, et devront être mises en œuvre d’ici cinq ans.
279 exploitations agricoles constellent le Grand Annecy. 10 % concernent le maraîchage.

Le premier axe est l’accompagnement et la diversification de l’agriculture par la préservation des terres agricoles, l’acquisition de parcelles, la création d’un espace-test à vocation maraîchère, l’accompagnement des producteurs locaux pour faire face aux changements climatiques.
Le deuxième concerne la restauration collective pour qu’elle soit plus engagée sur le local et la qualité (proposer plus de bio et de local dans les menus scolaires, intensifier la lutte contre le gaspillage, faire découvrir les produits locaux).
Le troisième est l’organisation des filières de productions locales (soutien des filières ; faire émerger une filière légumes ; développer de nouveaux points de vente locaux). Le dernier vise à rendre plus accessible l’offre saine et locale (organisation d’ateliers de recettes, développement des jardins familiaux, sensibilisation de la population au respect des espaces agricoles, mise en place de bons alimentaires destinés à l’achat de produits locaux, création d’une épicerie itinérante de produits locaux).
« Notre PAT n’en est qu’à ses débuts, souligne la présidente de Grand Annecy, Frédérique Lardet. Il va atteindre sa plénitude dans les années à venir. »

2 autres projets d’installation à l’étude
Depuis deux ans, un autre projet d’installation maraîchère est dans les cartons sur une parcelle de 4 ha située à Epagny-Metz-Tessy, jusqu’ici cultivée en céréales par des exploitants qui seront bientôt à la retraite. L’idée serait que la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Ceinture verte Haute-Savoie (créée par le Département et la Chambre d’agriculture fin 2024 pour renforcer l’autonomie maraîchère de la Haute-Savoie) l’achète et l’équipe des installations nécessaires à deux maraîchers, qui devraient s’acquitter d’un loyer. Une étude est en cours sur la faisabilité du programme.
À Montagny-les-Lanches, une parcelle de deux hectares pourrait elle aussi accueillir une nouvelle exploitation. « Cela sera étudié cet hiver », confirme Frédérique Lardet qui espère que cet examen débouchera sur une installation.









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