La mise en place d’un guichet unique de l’accompagnement RH constitue la première étape d’une GPEC territoriale.
Première étape dans la mise en place d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences à l’échelle du territoire (GPEC-T), un guichet unique vient d’être créé pour accompagner les PME du Haut-Bugey dans leur gestion des ressources humaines. Il prend aujourd’hui l’aspect d’un portail internet, www.rh-plasticsvallee.fr, appelé à devenir une plateforme où les entreprises pourront poser leurs questions à un consultant RH chargé de leur apporter un premier niveau de réponse avant de les orienter vers le dispositif le mieux adapté à leur problématique. La compilation de ces questions permettra de surcroît, au fil du temps, de créer de nouvelles rubriques plus ciblées, de construire un ensemble de réponses adaptées. « Cette démarche correspond à une demande exprimée par plusieurs entreprises du Haut-Bugey en 2013, à l’occasion de la consultation lancée par Ernst & Young, d’un outil leur permettant de mieux s’orienter parmi les dispositifs existants, retrace la Direccte dans un communiqué. Pour leur permettre de s’y retrouver dans le réseau foisonnant de l’accompagnement RH, l’Etat a demandé à Allizé-Plasturgie Auvergne Rhône-Alpes et à la Commission paritaire du Haut-Bugey (CPHB) de créer un guicher unique. »
Orienter
Allizé-Plasturgie est donc la structure porteuse du projet. « Mais, celui-ci est conduit par l’ensemble des acteurs économique du Haut-Bugey, la mairie d’Oyonnax, la communauté de communes, les communes, Pôle Emploi, la CCI, l’Association de développement des formations des industries de la métallurgie… avec un comité de pilotage présidé par le sous-prêfet, précise Mathieu Moriou, délégué régional adjoint d’Allizé. C’est un projet fédérateur auquel les entreprises participent activement, à travers des groupes de travail ou le comité de pilotage. L’idée n’est surtout pas de créer de nouveaux outils, mais de s’appuyer sur l’existant, à moins qu’émerge une demande vraiment spécifique et récurente. »
Outre cette plateforme, la GPEC-T prévoit deux autres axes : favoriser la mobilité professionnelle et renforcer les compétences. Sur le premier de ces deux sujets, la commission paritaire (CPHB) étudie les passerelles possibles entre les différents métiers de la plasturgie, comme entre la plasturgie et d’autres filières. « Nous avons constaté un manque de mobilité des salariés, particulièrement des opérateurs de la plasturgie », note Pascal Beduneau, président de la CPHB.
Passerelles
L’Afpa est en charge du repérage des métiers cibles. Elle a déjà fait des retours à la CPHB que celle-ci a recoupé avec d’autres acteurs du territoire, notamment des agences intérimaires. « Cela a permis de mettre à jour des besoins vers la première transformation du bois, la métallurgie, la logistique, les travaux publics, le cartonnage et l’aide à la personne, souligne Pascal Béduneau. Cette étape pratiquement terminée, nous avons missionné pour repérer les passerrelles, un cabinet d’études qui s’appuie à la fois sur des éléments théoriques et des entretiens avec des entreprises. Une approche que nous avons jugé pertinente. » La CPHB réalise par ailleurs un focus femmes-hommes, pour repérer les freins à l’intégration des femmes dans l’industrie.

La plasturgie, ce n’est pas que l’injection. La CPHB s’est mis en quête des passerelles entre les différents métiers de la filière.
La mobilité et le renforcement des compétences sont des thématiques liées. « La fermeture de Vernicolor, il y a deux ans, a été un évément douloureux, se souvient Pascal Beduneau. Les 80 salariés ont été difficiles à reclasser. Nous nous étions servi du passeport compétence pour évaluer leurs savoir-faire. Et nous avions constaté chez certains, des lacunes sur les aptitudes de base. Sur ce sujet, je pense que nous aurons recours aux certifications Cléa pour faire monter les salariés en compétences. » Le dossier est abordé par la Direccte et le groupement des employeurs qui réfléchit également à la valorisation de l’encadrement intermédaire. Cette action pourrait notamment prendre la forme d’un groupe d’échanges de bonnes pratiques et d’expériences.
Le passeport des compétences comme base
Pour permettre aux opérateurs de la plasturgie de valoriser leurs savoir-faire, favoriser leur mobilité et faciliter le travail des recruteurs, la Commission paritaire du Haut-Bugey a mis en place, il y a plusieurs années, un passeport compétences. Ce condensé des talents acquis par la formation ou l’expérience vient en complément sur CV. Il détaille pour quels marchés le salarié a travaillé, les techniques employées (injection, souflage, rotomoulage, thermoformage, assemblage-montage…), ou encore la typologie des tâches accomplies. Ce document, aujourd’hui, sert de base à la recherche de passerelles entre les différents métiers de la plasturgie ou entre la plasturgie et d’autres filières. Un travail doublement utile puisqu’il permettra également de donner aux salariés du territoire, une meilleure connaissance de l’industrie et donc, des possibilités de reclassement.
Pourquoi une GPEC ?
La démarche d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences à l’échelon territorial est inspirée, dixit l’État, « Par les difficultés de recrutements auxquelles les industriels du Haut-Bugey doivent faire face de manière répétitive. Ces complications occasionnent autant de contretemps qui freinent leur développement ».
« Une marque de territoire à fort potentiel »
Portrait. Le délégué régional adjoint d’Allizé-Plastrugie à Oyonnax découvre les forces de la Plastics Vallée.
Délégué régional adjoint d’Allizé-Plasturgie, Mathieu Moriou a 29 ans. Originaire du Bordelais, il est arrivé à Oyonnax en janvier, pour devenir responsable du bureau local de l’organisation professionnelle de la plasturgie et des composites. « Je suis titulaire d’un bac +5 en développement, médiation et promotion des territoires, une spécialité en gestion de projet, retrace-t-il. J’ai réalisé mon stage de fin d’étude au sein de la région Auvergne, où l’on m’a demandé de réfléchir à une politique de promotion des produits locaux. J’ai ensuite démarré ma carrière sur un poste de chargé de mission à l’Union régionale des industries agroalimentaire d’Auvergne, pendant deux ans, avant de rejoindre Allizé-Plasturgie comme délégué territorial sur Auvergne, Loire, Drôme et Ardèche. C’est alors que je me suis vu ensuite proposer ce poste de directeur régional adjoint à Oyonnax. Une fonction d’autant plus intéressante qu’elle recoupe la gestion du bureau local — qui intervient sur l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie — et le pilotage des missions d’Allizé-Plasturgie sur ce territoire. J’ai donc quitté Clermont-Ferrand, où j’étais membre de la Jeune chambre économique, pour m’installer dans la Plastics Vallée. »
« CE TERRITOIRE REGORGE D’ENTREPRISES DE POINTE, D’ÉLUS ACTIFS ET D’ACTEURS ÉCONOMIQUES IMPLIQUÉS.«
Sa mission principale consiste à accompagner le développement de la plasturgie et des adhérents d’Allizé, en termes juridiques, de promotion, d’intelligence économique, etc. « Nous mettons en place des actions collectives pour répondre aux besoins de nos membres et de la filière, précise-t-il. À Oyonnax, il s’agit plus particulièrement de renforcer la proximité entre notre organisation et les entreprises, de créer de nouveaux événements et de nouveaux services. Cela suppose d’être à l’écoute du territoire et de jouer un rôle d’interface avec les réseaux économiques et institutionnels, qu’ils soient régionaux ou plus locaux. »
La découverte d’Oyonnax est plutôt une bonne surprise, pour le jeune homme. « En six mois, j’ai pu me rendre compte combien ce territoire dénombre d’entreprises de pointe, d’élus actifs et d’acteurs économiques impliqués. La Plastics Vallée possède par ailleurs une marque de territoire dotée d’un beau potentiel. Tout cela est rendu possible par une certaine proximité », lance le directeur régional adjoint, déjà bien ancré dans son rôle de promoteur du territoire.
Par Sébastien Jacquart







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