Entre nouvelles tendances et obligations légales, les notaires de l’Ain ont établi un nouvel état des lieux de l’observatoire de l’immobilier.
« En un an, on constate une hausse des ventes de 13,6 % sur les appartements anciens, de 14 % sur les maisons et enfin, de 16,8 % sur les terrains à bâtir », a déclaré Annabel Montagnon, présidente de la Chambre des notaires de l’Ain, le 27 janvier, lors d’un point de l’observatoire de l’immobilier. Près de 13 000 biens ont changé de main entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021. Une belle différence avec l’année précédente où le volume des ventes avait baissé. Cette différence, la Chambre l’explique notamment par la hausse des prix, à leur plus haut niveau depuis 20 ans, qui rend le moment opportun pour vendre. « La crise sanitaire a révélé de nouveaux comportements immobiliers, notamment des déplacements des grands centres métropolitains vers des communes de plus petite taille », ajoute-t-elle. Cet exode urbain concerne deux types de population : tout d’abord, celle qui peut organiser son mode de vie tant professionnel que personnel, grâce au télétravail ; ensuite, celle qui, de par la tension foncière, ne peut acheter dans une grande ville. Cette dernière tendance explique d’ailleurs le tassement des prix dans les grandes agglomérations. « Ce déplacement de populations ne concerne toutefois que les petites et moyennes villes qui peuvent proposer des moyens de communication performants. »
Place au vert
Un autre changement majeur a été constaté dans le comportement des acquéreurs. En effet, ils lorgnent désormais les logements verts. Jusqu’à la mi 2020, la part des logements énergivores était plus importante, mais la bascule est en cours. Les acheteurs s’intéressent de plus en plus à la note énergétique du domicile, notamment pour palier au coût de l’énergie. « Ceux qui investissent dans un bien énergivore ont souvent un projet de rénovation qui commence par un système de chauffage plus économe », a développé Caroline Grosjean, notaire à Gex. Actuellement dans l’Ain, la part de transactions de logements anciens d’étiquette énergie A-B, s’élève de 6 à 10 %. Des chiffres encore peu élevés qui placent pourtant déjà le territoire parmi les bons élèves. Attention d’ailleurs aux autres étiquettes : « Depuis le 1er janvier 2022, si votre bien relève de la catégorie F ou G, un audit doit être réalisé par un professionnel. Cet audit doit prévoir un parcours de travaux pour atteindre la classe E au 1er janvier 2028, puis une autre étape pour parvenir à la classe C. Une étape supplémentaire prévoit également la classe B, si le coût des travaux et les caractéristiques du bâtiment ne font pas obstacle », a-t-elle ajouté. Le deuxième changement concerne les locations, puisqu’en 2025, les logements en étiquette G ne pourront plus être loués. En 2028, la même mesure s’appliquera aux habitations en étiquette F. Enfin, en 2034, ce sera au tour des bâtiments étiquetés en E. « Il ne s’agit pas d’une interdiction formelle… Mais ce sera une nouvelle arme donnée aux locataires pour se retourner contre leurs bailleurs, si les travaux ne sont pas réalisés et que les consommations dépassent le seuil autorisé », a précisé Caroline Grosjean.
Profil
Mais qui achète ? Essentiellement la classe moyenne, à peine un acquéreur sur cinq est cadre supérieur. Les acheteurs ont, pour la plupart, entre 30 et 39 ans et surtout, les Aindinois préfèrent devenir propriétaires sur leur territoire. « Sans surprise, les extrémités du département, avec la proximité des métropoles lyonnaise et genevoise, attirent la population active. Le secteur de Bellegarde concerne aussi des jeunes de moins de 30 ans qui peuvent rallier facilement la Suisse, tout en payant moins qu’au Pays de Gex », a conclu Laetitia Josier, présidente de l’association d’initiation notariale.
Joséphine Jossermoz








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