Face aux évolutions du marché, le secteur se montre inquiet. Mais la situation pourrait être temporaire, selon les notaires.
« Si nous n’avons pas beaucoup de refus de prêts, nous constatons beaucoup d’abandons de projets, qui s’arrêtent avant la promesse de vente », observe Laetitia Jossier, vice-présidente de la chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Lyon, à l’occasion d’un point de mi-parcours sur l’année immobilière 2023. Celle-ci constate une baisse de volume des ventes de 11 %
Dans le contexte actuel, beaucoup s’attendent à une baisse du prix de l’immobilier. Et si ce n’est pas encore le cas, cela ne saurait tarder. En cause, un marché impacté par de nombreux facteurs. Le premier d’entre eux est incontestablement les taux d’intérêt.
« En moyenne mensuelle, ils s’élevaient à 3,63 % avec un maximum fixé à 5,56 %. Si nous prenons l’exemple d’un couple avec un revenu de 4 000 € net par mois, celui-ci pouvait emprunter environ 280 000 € en janvier. Aujourd’hui, la banque ne leur octroierait plus que 220 000 €. »
À cette perte conséquente de pouvoir d’achat, en l’espace de quelques mois, s’ajoute le durcissement des conditions d’octroi, comme la nécessité d’un apport de 20 %. Ainsi, même si les potentiels acquéreurs se renseignent sur leur capacité d’emprunt, le temps de trouver le logement de leur rêve, ils ne sont plus forcément finançables.
« Selon Philippe Kiehl, le directeur départemental de la Banque de France, le nombre de crédits pour l’habitat ancien a baissé de 10 % sur un an. » Du côté de la construction, sur les 12 derniers mois, le budget médian pour l’acquisition a augmenté de 11 %, tout comme le prix des matériaux.
En parallèle, d’autres facteurs peuvent venir aggraver un peu plus l’état du marché, le parc immobilier français composé de 4,8 millions de logements classés en F et G, la fin du dispositif Pinel annoncé pour 2025 ou encore, la loi ZAN (Zéro artificialisation net) qui risque d’aggraver à son tour la pénurie de logements.
Une vision optimiste
Toutefois, la situation pourrait finir par se stabiliser. « D’après Philippe Kiehl, les banques centrales ont désormais atteint les taux maximums qu’elles s’étaient fixés. L’inflation devrait ralentir et les revenus être revalorisés. Ces facteurs annonceront la sortie de crise aux environs de 2025. Le pouvoir d’achat devrait alors être supérieur à celui au début de la crise sanitaire », se réjouit la vice-présidente. Et celle-ci de préciser que si cette baisse de volume peut sembler inquiétante, il s’agit plutôt d’un retour à la normale après des années particulièrement fastes. L’ajustement devra néanmoins se faire par les prix.

La FNAIM constate une baisse des prix
Du côté de la FNAIM (Fédération nationale de l’immobilier) Savoie Mont-Blanc, qui couvre également l’Ain, le son de cloche est le même : les prix augmentent sur un an, mais diminuent sur les trois derniers mois. Sébastien Cartier, son président, constate : « On n’est plus en hausse, ce qui n’avait plus été vu depuis plus de cinq ans. »
Et c’est dans l’Ain que le mouvement est le plus marqué avec -1,7 % contre -1 % en Savoie et -0,3 % en Haute-Savoie. Sur 12 mois glissants, les volumes se sont également contractés, respectivement de 11,6 %, 7,1 % et 8 %.
Toutefois, le président de la FNAIM ne s’attend pas un effondrement des prix face à une demande toujours forte. De plus, malgré des données en baisse par rapport aux années 2022 et 2021, les résultats demeurent meilleurs que ceux des années 2014 à 2019. Le marché du neuf inquiète davantage, puisqu’il affiche jusqu’à -40 %.
Joséphine Jossermoz








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