La filière caprine locale se porte bien et affiche de nombreuses particularités qu’elle compte bien faire comprendre au public à l’occasion du 10e Printemps des chèvres.
C’est l’année des chiffres ronds pour la filière caprine des Savoie : 10e édition du Printemps des chèvres de Faverges, 20 ans d’existence pour cet événement grand public et première bougie pour la reconnaissance d’une race locale, la chèvre de Savoie. Les 30 avril et 1er mai, il y aura donc beaucoup de raisons de faire la fête avec les éleveurs caprins, d’autant que ceux-ci bénéficient plutôt de vents favorables.
Au nombre de 200 dans les deux Savoie, les exploitations caprines professionnelles regroupent environ 80 % du cheptel global (12 000 animaux). Petites structures pour la plupart (60 à 70 bêtes par éleveur), elles produisent au total 6 millions de litres de lait par an, dont 90 % sont transformés en fromages lactiques et tommes (900 tonnes annuelles), 10 % en yaourts et autres produits lactés. Des fabrications qui n’ont aucun mal à trouver preneur.
« On n’a pas de souci de stockage de fromage, confirme Yann Benabdelkader, chargé de mission filière ovine-caprine à la Chambre d’agriculture. Les produits se vendent bien. » Les trois quarts sont écoulés en vente directe. « On pourrait même avoir une production supérieure », estime Bernard Marchand, président de l’association Printemps des chèvres. Seule la taille et la structure des exploitations limitent la croissance.
Toutes en production fermière, elles impliquent en effet que l’agriculteur soit à la fois éleveur, fromager et commerçant. Trois casquettes qui remplissent bien les journées et bornent le développement. La valorisation du lait est néanmoins satisfaisante à environ 2 euros le litre. « Mais elle se fait sur de petites quantités », nuance-t-il.
Autre particularité du système caprin des Savoie, la transhumance estivale en alpage pratiquée par deux tiers des éleveurs. Une réelle échappatoire pour certains qui, comme Bernard Marchand, ont peu de place pour leurs animaux en plaine.
« On a la chance, avec les chèvres, de pouvoir nous installer dans des alpages en friches qui ne sont plus adaptés pour les bovins. Il y a parfois un réel potentiel dans ces terrains difficiles », explique-t-il. Car l’une des difficultés rencontrées pour les nombreux candidats à l’installation est la question du foncier dans un espace où l’élevage bovin laitier domine. Malgré tout, la filière demeure dynamique avec autant de personnes qui arrêtent leur activité que d’autres qui s’installent, dont beaucoup de femmes (43 % du total des chefs d’exploitations).











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