Le club burgien reste en EuroCup, jugeant qu’un passage direct à l’élite européenne aurait mis en péril un modèle économique bâti sur la stabilité.
« On se doit de privilégier la raison sur la passion et de continuer à creuser le sillon sur lequel on a grandi. » En une phrase, Julien Desbottes, président de la JL Bourg, résume le dilemme qui a traversé le club depuis son titre européen du 28 avril. La JL Bourg avait gagné sur le terrain le droit de rejoindre l’EuroLeague, la compétition reine du basket continental.
Mais après un mois d’analyses, de projections et de doutes assumés, il a annoncé que les rouges et blancs resteraient en EuroCup, lors de la conférence de presse tenue vendredi 29 mai à Ekinox. Ce choix, loin d’un renoncement, s’inscrit dans une logique économique assumée. Le passage en EuroLeague aurait exigé un budget presque doublé, une organisation surdimensionnée et un calendrier de 80 matchs.
« Je ne veux pas qu’on se perde. La JL, ce n’est pas un jouet, ce n’est pas mon jouet. »
Le président rappelle que le club n’est pas adossé à un mécène, mais repose sur un modèle de PME territoriale, construit patiemment depuis plus de quinze ans. « Il y a dix ans, nous étions en Pro B », souligne-t-il, étonné de lire, parfois, que la JL aurait « enfin » gagné un trophée, comme si cette ascension fulgurante relevait du hasard. Elle est, au contraire, le fruit d’un modèle sans homme providentiel, sans fortune personnelle pour amortir les risques, mais bâti pas à pas, avec constance.
C’est précisément ce qui nourrit sa prudence : l’EuroLeague et ses 80 matchs auraient essoré les équipes, mis à mal une fidélité interne rare. « Pourquoi être kamikaze ? Pourquoi prendre un pari qui pourrait nous renvoyer derrière la ligne de départ ? » interroge Julien Desbottes, rappelant que la pérennité n’est pas un slogan, mais une ligne de conduite. La JL Bourg, dit-il, avance comme un marathonien, pas comme un sprinteur, et refuse de compromettre ce qui fait sa force.
Construire pour durer
Ce modèle repose sur une diversification singulière, avec le développement d’un écosystème de sport professionnel complet qui rayonne sur son territoire et au-delà. Parmi les signaux concrets figurent le pôle de loisirs‑restauration 10.55, le centre sport‑santé Sana et son plateau Prime Sport Santé en construction, ainsi que deux projets supplémentaires « sur lesquels nous communiquerons en temps utile », précise Julien Desbottes. Autant d’actifs qui structurent un ensemble cohérent, pensé pour dépasser le seul terrain. « Notre club nourrit une économie, nourrit la passion d’une ville, d’un département, d’une région. Je ne veux pas ramasser nos équipes à la petite cuillère dans un an. »
Sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration et de l’assemblée générale de l’ECAP (EuroLeague Commercial Assets), la JL Bourg évoluera en EuroCup dans un format « 3 + 2 saisons », soit trois années garanties, auxquelles pourront s’ajouter deux saisons supplémentaires selon les conditions fixées par l’ECAP. Une reconnaissance de l’engagement du club et de ses objectifs de croissance au sein de l’écosystème européen. Cette licence longue durée acte la confiance d’EuroLeague Basketball dans le projet bressan.
« Ce n’est pas un recul, c’est une ambition réaffirmée », insiste le président. Car les aspirations du basket burgien demeurent intactes. Il continue de viser haut, avec méthode. De nouveaux partenaires se rapprochent, séduits par un projet qui conjugue performance structurelle et ambition sportive. Et l’équipe, en reconstruction, prépare déjà une saison 2026-2027 dense et exigeante. « On va continuer d’être des challengers, des chasseurs, une famille, mais une famille de vainqueurs », conclut Julien Desbottes. L’EuroLeague attendra. La JL Bourg, elle, avance avec lucidité, solidité et une vision à long terme.
Carole Muet











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