Stéphane et Virginie Cohendet, alpagistes dans le massif de la Tournette, ont participé au Challenge alpages organisé par la Communauté de communes des vallées de Thônes.
« On ne se verrait pas ne pas monter ici en été. » Depuis 25 ans, Virginie et Stéphane Cohendet prennent leurs quartiers d’été à la Molloire, dans le massif de la Tournette, avec leurs deux fils. « C’est un vrai déménagement à chaque fois ! », rigole Stéphane. Pas de quoi décourager ce couple d’agriculteurs passionnés. De mi-avril à octobre, leur vie s’organise dans leur deuxième maison, à 1 000 mètres d’altitude, avec leur troupeau d’environ 40 vaches laitières.
Une « routine » qui n’en est pas vraiment une au vu des difficultés qui s’accentuent au fil des années. C’est cette vie en alpage, faite de gestes quotidiennement répétés et de questions nouvelles à résoudre, que les producteurs de reblochon fermier ont évoquée récemment devant le jury du « Challenge alpages » organisé par la Communauté de communes des vallées de Thônes (CCVT).

Leur montagne, de 15 hectares, a la particularité d’être contiguë aux terres exploitées le reste de l’année, plus bas. « Notre ferme se situe juste en dessous », précisent-ils. Un « avantage et un inconvénient à la fois », car l’écart de végétation est très faible : l’herbe pousse à peu près partout au même rythme. « Entre le manque de surface et la sécheresse, cela devient de plus en plus compliqué à gérer », explique Stéphane Cohendet.
Situé sur une zone rocheuse, l’alpage de la Molloire s’assèche d’ordinaire assez vite, mais cette année a battu tous les records. « On a commencé à monter du foin pour compléter l’alimentation de nos bêtes bien plus tôt que d’habitude et on sait maintenant qu’il n’y aura pas de troisième passage du troupeau dans nos parcs : il n’y a plus d’herbe. »
L’eau, quant à elle, ne manque pas. Captée sous le col des Vorets, elle descend, via 2,5 km de tuyaux installés il y a quelques années par Stéphane et son père, le long de tous les prés. Chaque animal buvant en ce moment une centaine de litres par jour, mieux vaut avoir une ressource abondante. « En outre, complète Virginie, la production de reblochon est assez consommatrice d’eau. »
Préposée, entre autres, à la fabrication fromagère, l’agricultrice transforme chaque jour le lait en reblochon dans son atelier estival. « On a tout en double en bas », indique-t-elle. L’exploitation produit 30 tonnes de reblochon par an, qu’elle vend « en blanc » à la Coopérative du reblochon de Thônes. « Tous nos coûts de production ayant augmenté, on a été obligés de grossir le troupeau. Avant, il fallait 25 vaches pour s’en sortir, et maintenant une quarantaine. Et quand on faisait 20 à 23 tonnes de fromage à trois personnes hier, on doit désormais en réaliser 30 tonnes à deux. »

Pour autant, le couple tient à garder cette tradition de pastoralisme bien vivante. Plus par nécessité et par goût que pour le folklore. « Avec l’urbanisation qui s’accroît en bas, conclut Stéphane Cohendet, on a besoin de ces surfaces de pâturage pour répondre au cahier des charges de l’AOC. » L’exploitation ne produit en effet que la moitié du foin nécessaire à ses animaux et achète le reste dans la zone reblochon.
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Challenge alpages
Dans le cadre du Plan pastoral territorial (PPT) Fier-Aravis, la CCVT (qui consacre 6ME sur cinq ans à l’agriculture) a reconduit son « challenge alpages ». 17 d’entre eux, situés dans la zone Sulens-Tournette (sur 310 au total dans le périmètre du PPT), se sont portés candidats et ont été visités par le jury les 21 et 22 juillet. L’objectif est de valoriser les exploitations et les savoir-faire, sans établir de classement.








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