La PME familiale de Bellevaux cesse son activité de sciage, entamée il y a près d’un siècle. Elle investit 2,2 M€ pour se lancer dans la production de pellets.
À Bellevaux, la scierie Monet et Fils fait partie du paysage économique depuis bientôt 100 ans. Fondée en 1932 par Joseph Monet, elle s’est spécialisée au fil des décennies dans la fabrication de madriers, charpentes et liteaux pour la construction. « Nous achetions du bois sur pied – sapin, épicéa, mélèze – et proposions jusqu’à récemment 150 références de sciage », rappelle Jean-Christophe Monet, qui dirige l’entreprise, 3e génération aux commandes.
La scierie s’est également modernisée.
« Ces quinze dernières années, nous avons beaucoup investi : parc à grumes, écorceuse, chariots de découpe, séchoirs sous vide… », énumère le dirigeant.
Des investissements estimés à environ 150 000 euros par an. La superficie du site a doublé pour atteindre 1 800 m2, répartis entre l’activité de sciage et le stockage. « S’en est suivie l’acquisition d’une raboteuse charpente, d’une brosseuse et d’une étuve pour pouvoir vieillir le bois et vendre des produits finis à nos clients.» La société en comptait une quarantaine avec lesquels elle travaillait régulièrement.
Des planches aux pellets
Fin juillet 2026, la scierie a pourtant mis fin à son activité historique pour se lancer dans la production de pellets, en sac et en vrac.
« Voilà trois ans que nous travaillons avec mon fils Charly à cette transformation, qu’il a lui-même initiée », explique Jean-Christophe Monet.
Le démontage des machines, toutes vendues, est en cours pour laisser place, d’ici un mois, à la nouvelle ligne de fabrication des granulés, à l’ensacheuse automatique et au camion de livraison. « Les pellets seront produits à partir de sciure et de plaquettes provenant de scieries locales, ainsi que de bois énergie (du bois sec en forêt) », précise le dirigeant. La rénovation du bâtiment est aussi prévue. Coût total de l’opération : 2,2 millions d’euros.
La scierie Monet et Fils, qui affichait un chiffre d’affaires d’1,5 M€ en 2025, contre 800 000 € en 2015, emploie aujourd’hui quatre salariés. Avec cette nouvelle activité, elle s’attend à voir son chiffre d’affaires baisser. « Mais à quel prix, celui de la sérénité ! », sourit Jean-Christophe Monet, qui ne compte plus ses heures et entend à l’avenir profiter de son temps libre. Il vient, par ailleurs, de racheter les parts de son cousin Bertrand.
La fabrication de pellets sera opérationnelle d’ici la fin de l’année. Rebaptisée Les Pellets du Haut-Chablais, l’entreprise effectuera la distribution en direct.
« Nous avons déjà des demandes de particuliers et aussi des collectivités », confie le dirigeant.
Côté transmission, la relève est désormais assurée. Charly Monet, qui détient 55 % de la nouvelle structure, deviendra prochainement cogérant, une fois l’activité lancée.

Patricia Rey








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