Saveurs de l’Ain et la La Tannerie de Bourg-en-Bresse viennent d’organiser le premier festival des brasseries artisanales. L’occasion de dresser l’état des lieux d’un secteur en développement.
À ce jour, l’Ain compte 29 brasseries répertoriées à la Chambre de Métiers de l’Ain dont 17 adhérent à la marque Saveurs de l’Ain. Comme pour la première édition du Workshop Saveurs de l’Ain (atelier consacré à la fabrication), le Festival Brass’Ain, organisé les 7 et 8 octobre en partenariat avec La Tannerie, scène de musiques actuelles de Bourg-en-Bresse, avait pour objectif de mettre en valeur la filière brassicole aindinoise. « Il fallait un site adapté pour accueillir ce festival mêlant bière et musique. Et La Tannerie de Bourg est apparue comme une évidence. Non seulement la physionomie des lieux se prêtait à l’événement, mais l’équipe sur place est forgée à l’organisation de concerts. Chaque entité coorganisatrice a apporté ainsi son expérience et ses compétences. Tous les ingrédients étaient réunis pour que cette première édition soit une réussite », commente Christophe Feillens, directeur de Saveurs de l’Ain.
Soutenir l’achat local
Depuis les années 2017-2018, le département voit fleurir les brasseries artisanales. En 2021, on en recensait 360 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Avec ses 29 brasseries, l’Ain arrive derrière le Rhône qui en compte 60 et la Haute-Savoie qui en dénombre 43. « La bière est à la mode aussi bien chez les hommes que chez les femmes. On compte beaucoup d’amateurs. Cette boisson a son charme et personne n’a d’explication sur cet engouement en terre aindinoise. Peut-être parce que l’Ain est une terre d’initiative, une terre de gens qui investissent et qui s’investissent », imagine Christophe Feillens.
Pour cette première édition dédiée au soutien de l’achat local et au savoir-faire, sept brasseurs avaient répondu à l’invitation de Saveurs de l’Ain. « On trouve sur le territoire, une large gamme de brasseries de tailles très diverses. Parmi les participants de ce festival, c’est la brasserie Saint-Clair qui brasse le plus d’hectolitres. Elle distribue ses mousses bien au-delà des limites du département », ajoute Christophe Feillens. Pour Cyril Duquesne, directeur général de ladite brasserie, « l’engouement pour le brassage ne se limite pas au département de l’Ain. Le phénomène est national. Il faut se souvenir qu’au XVIIIe siècle, la France comptait 6 800 brasseries. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 2 400. »
Implantée sur la commune de Montagnat, la brasserie Saint-Clair connaît une ascension fulgurante depuis sa création en 2017. Cyril Duquesne, Antoine Mérino, Sylvain Caire et Jean-Pierre Bertrand sont des associés très complémentaires. Dotée d’un équipement qui leur permet de brasser 2 000 litres à la fois, la brasserie Saint-Clair, connue sous sa marque La Bressane, possède également des fermenteurs de 2 000, 4 000 et bientôt des 6 000 litres. L’année dernière, elle a produit 2 700 hectolitres et pour 2022, elle table sur 3 200 hectolitres. « Pour le moment nous ne rencontrons pas de problèmes d’approvisionnements. Comme tout le monde en ce moment, nous subissons une hausse des coûts de 30 % sur les matières premières, les énergies, le verre. Pour exemple, la tonne de malt est passée de 640 à 850 euros et la bouteille en verre 25 centilitres de 14 à 19 centimes. Cette année se poursuit dans un contexte douloureux, d’autant que l’on nous annonce deux nouvelles hausses, +14 % en novembre et +16 % en janvier 2023 », explique Cyril Duquesne. Depuis six mois, les associés de la brasserie Saint-Clair s’emploient à trouver un agriculteur aindinois. « Nous sommes très attentifs à la qualité de nos matières premières et le circuit court est toujours intéressant. Même si c’est compliqué nous restons positifs et il ne faut pas vivre de regrets », conclut le directeur général de la brasserie Saint-Clair.
Carole Muet








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