Le tunnel du Mont-Blanc teste le « platooning »

par | 25 Sep 2021

Depuis cet été, le tunnel du Mont-Blanc est devenu un laboratoire pour le développement du «  platooning  », une nouvelle technologie qui permet la conduite en peloton de plusieurs poids lourds.

«  Le principe du platooning (“convoi en peloton” en français) est de créer des trains de poids lourds, tous connectés numériquement et pilotés par un seul chauffeur  », explique Grégory Schwarshaupt, directeur français du groupement européen d’intérêt économique (GEIE) du Tunnel du Mont-Blanc (210 collaborateurs, 149 M€ de chiffre d’affaires).

Cette technique est expérimentée pour la première fois avec des poids lourds dans un tunnel, espace dans lequel la transmission de signaux est plus complexe que sur une route à ciel ouvert. «  Déjà testée sur deux autoroutes du nord de l’Europe, l’idée est de se dire que cette technologie doit marcher sur la totalité du parcours, y compris les tunnels, afin qu’il n’y ait pas de point de rupture  », précise le directeur du GEIE.

Une portion du tunnel a été équipée en capteurs dès cet été (un investissement qui représente un coût de 150 000 euros pour le gestionnaire), ce qui a permis de vérifier que les fréquences de transmission de signaux circulaient bien et étaient réceptionnées dans les véhicules équipés d’autres capteurs. D’ici à trois ans, «  un tronçon de 1 200 mètres de l’ouvrage  » devrait être équipé.

«  Cette expérimentation entre dans notre stratégie d’innovation tournée vers davantage de sécurité  », se félicite le gestionnaire du tunnel.

Réduire les distances d’arrêt

Connecter une dizaine de poids lourds pilotés par un seul conducteur, comme c’est le cas lors des tests réalisés au Mont-Blanc, pourrait réduire le risque d’accidents. Car la technologie «  envoie des informations au véhicule, ce qui permet au pilote d’anticiper les événements rencontrés (chantier, modification des conditions de circulation…) et donc de réduire les distances d’arrêt  », argumente Grégory Schwarshaupt. Et, par conséquent, d’améliorer également la fluidité du trafic. La conduite en peloton entraînerait aussi une réduction de la consommation de carburant des véhicules suiveurs, du fait de la stabilisation de leur vitesse.

Les tests effectués dans le tunnel du Mont-Blanc – financés et coordonnés par le GEIE – serviront de modèles aux tunnels de toute l’Europe. Pour cela, le gestionnaire est accompagné de See Telecom, une société franco-belge de communications radio, de Syntony, une entreprise toulousaine spécialisée dans la géolocalisation, et d’Ecotrans, une coopérative de transporteurs qui prête ses poids lourds et ses conducteurs.


Alexia Bontron

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