Selon l’enquête de conjoncture réalisée par la Capeb, l’activité s’est dégradée au deuxième trimestre en Auvergne-Rhône-Alpes.
Dans un contexte toujours incertain, le bâtiment résiste mais s’essouffle. C’est la conclusion de l’enquête menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) Auvergne-Rhône-Alpes en lien avec les 12 structures départementales.
Sur le 2e trimestre 2026, 53 % des artisans estiment évoluer dans un contexte défavorable dont 10 % se déclarent confrontés à une situation très difficile. Les métiers les plus touchés sont ceux du plâtre et de l’isolation, des travaux publics. À l’inverse près d’un tiers des serruriers métalliers, couvreurs, charpentiers qualifie leur niveau d’activité de bon à très bon. Au niveau géographique, la Haute-Savoie tire son épingle du jeu et compte 41 % d’entreprises ressentant un bon ou très bon niveau d’activité.
La baisse moyenne du chiffre d’affaires est estimé à 23 %. La tendance est encore plus forte en Savoie où 26 % des sociétés enregistrent un recul de leurs revenus.
Le secteur connaît aussi une contraction des carnets de commandes liée aux contraintes du marché et à l’instabilité géopolitique, jouant sur les prix et les approvisionnements. Seules 50 % des entreprises disposent d’une visibilité supérieure à deux mois soit 3 points de moins qu’au trimestre précédent. L’activité se renouvelle moins vite : 31 % des dirigeants (+2 points) ont moins d’un mois de travail assuré.
Même tendance pour les marges qui avaient connu une amélioration de courte durée. Les chefs d’entreprise sont 33 % (+4 points) à constater leur dégradation. Dans ce contexte, 39 % des entreprises indiquent un niveau de trésorerie faible ou insuffisant. À l’inverse, la trésorerie est bonne à très bonne dans 33 % des sociétés haut-savoyardes, 20 % en Savoie.
Concernant la concurrence, elle est jugée forte par 26 % des entreprises avec une présence minoritaire mais renforcée des confrères nationaux (+3 %) et régionaux (+8 %). La Capeb Aura précise que « 15 % des entreprises déclarent avoir été confrontées à des situations de travail dissimulé et 15 % à une concurrence liée au recours au travail détaché. »
Malgré cette dégradation de l’activité au deuxième trimestre, les perspectives d’embauche s’améliorent légèrement avec 18 % des entreprises qui envisagent de recruter soit une hausse de 3 points par rapport au trimestre précédent tandis que 21 % réfléchissent à leurs besoins en personnel. Les types de contrats proposés sont majoritairement à durée indéterminée (59 %) suivis par les contrats à durée déterminée (28 %) et l’intérim (10 %).
Spécificités départementales
La recherche de clients et de chantiers constitue la première des priorités pour 50 % des entreprises artisanales du bâtiment en Auvergne-Rhône-Alpes. C’est particulièrement le cas dans la Drôme (61 %), le Puy-de-Dôme et la Savoie (54 %) ainsi que l’Ain (53 %).
La stabilité de l’entreprise figure également parmi les principales préoccupations pour 49 % des entreprises de la région (50 % en Savoie). Enfin, la rentabilité des chantiers est dans la ligne de mire de 31 % des artisans. Le sujet est exacerbé pour les entreprises de Haute-Savoie (45 %), de l’Ain et de Haute-Loire (42 %).
Sophie Boutrelle
Photo de Mondo Amos sur Unsplash








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