Recruter autrement et de façon plus inclusive : c’est la mission des clubs “Les entreprises s’engagent”. Celui de Savoie compte 45 adhérents.
Réunir au sein d’un même club, au profit de l’inclusion et du progrès social, « les entreprises de toutes tailles, les services de l’État et l’ensemble des parties prenantes de l’engagement des entreprises » : tel est le concept “Les entreprises s’engagent”, initiative née en 2018 sous l’impulsion du président de la République.
Peu actif pendant les années covid, le club de Savoie, qui compte 45 entreprises adhérentes, redouble maintenant d’ambition : après avoir repris ses réunions fin 2022, il vise la centaine d’affiliés d’ici la fin 2023.

Sur fond de pénurie de main d’œuvre, il pourrait effectivement attirer de nouveaux adeptes sur son cheval de bataille : recruter des salariés en dépassant tous les préjugés qui peuvent, parfois, constituer des freins à l’embauche; c’est-à-dire s’ouvrir aux seniors en reconversion, aux jeunes sans expérience, aux réfugiés, aux candidats issus de la diversité, à ceux porteurs d’un handicap, ou sortant du milieu carcéral…
Le club est là pour accompagner vers l’emploi des candidats qui en sont éloignés et, surtout, pour faciliter les démarches des entreprises qui se proposent de les accueillir. Chaque rencontre mensuelle permet d’aborder les aspects administratifs et concrets relatifs au recrutement et à l’intégration de ces nouveaux profils.
En Savoie encore plus qu’ailleurs (le taux de chômage dans le département est l’un des cinq plus bas de France), le quasi plein emploi enjoint les acteurs économiques et publics à se réinventer, comme le stipule la charte du club signée entre le préfet, François Ravier, et le chef de file des entreprises du club, Alexandre Souvignet, PDG d’Alphi (siège : Savoie Hexapole ; 150 salariés ; 50 M€ de chiffre d’affaires).
« La diversité renforce la performance de l’entreprise »
« Nous avons relancé le club au mois d’octobre 2022. Il est emmené par un trio : un chef d’entreprise, Alexandre Souvignet ; une animatrice, Marine Coquand [par ailleurs déléguée générale du Medef, NDLR], et l’État, que je représente », explique Thierry Pothet, directeur départemental de l’Emploi, du Travail et des Solidarités. « Notre rôle consiste à informer et aider les entreprises qui souhaitent accueillir des publics nouveaux. Nous leur expliquons que c’est faisable, avec de vrais exemples de réussite. »
« L’idée, c’est que le club soit innovant : ce ne sont pas de simples réunions descendantes. Nous apportons aux entreprises les bons contacts pour pouvoir recruter rapidement », complète Marine Coquand.
Parmi les prochains rendez-vous insolites, une pièce de théâtre sur le management et une session de recrutement inversé : « Ce sont des jeunes qui recruteront les entreprises qu’ils souhaitent intégrer», poursuit l’animatrice.
« Nous allons ajouter un volet RSE, cher aux jeunes recrues, qui nourrissent de vraies inquiétudes face au réchauffement climatique, aux autres enjeux écologiques et au sens du travail. »
« La diversité renforce la performance de l’entreprise. Ce n’est pas un choix par défaut, non, c’est un choix réfléchi », insiste quant à lui Alexandre Souvignet. « Les entreprises ont de plus en plus besoin d’être agiles. Plus il y a de profils diversifiés dans les équipes, plus nous créons cette performance. Le club “Les entreprises s’engagent” est un véritable atout pour cela. »
« Les candidats, surtout depuis la crise covid, pensent d’abord à leur vie personnelle, au bien-être au travail et à l’écologie. Cela fait bouger les lignes. C’est intéressant », enchaîne Thierry Pothet. « C’est un vrai changement de paradigme », confirme Alexandre Souvignet : « À nous de changer notre logiciel pour voir toute cette potentialité comme une opportunité. La valeur des candidats de l’inclusion n’est pas forcément dans leurs compétences directes : il faut aller chercher tous ces savoir-être et cette richesse de vies. »








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