Dans le sillage des municipales, l’Adil vient d’éditer un document embrassant largement les enjeux de l’habitat, pour permettre aux collectivités d’élaborer leur stratégie en la matière.
C’est un document en quatre volets, avec pour chacun d’eux, une mise en exergue des outils à disposition et des compétences à développer : connaître et planifier, s’interroger sur l’offre, réguler et améliorer le parc, répondre à des besoins variés. L’Adil (Association départementale d’information sur le logement) vient de sortir un guide d’une centaine de pages à destination des élus communaux et intercommunaux, dans le sillage des municipales.
Ce guide – édité en interne – se veut une « bible » où les édiles et leurs conseillers vont pouvoir trouver tout ce qu’il leur faut connaître en matière de certificats d’urbanisme. « Nous faisons le constat que le logement se trouve au croisement de nombreux sujets. Par exemple, il faut un emploi pour trouver à se loger, mais une adresse pour trouver un emploi, souligne la directrice de l’Adil, Isabelle Chanel. Avec les dernières élections et un renouvellement important des élus, nous voulons donner aux collectivités les moyens de définir leur politique de l’habitat. »
« Nous sommes partenaires de l’État dans la lutte contre l’habitat indigne. Un sujet en constante augmentation pour lequel les élus ont besoin de l’Adil pour établir leurs arrêtés », cite la présidente de l’association, Clotilde Fournier. Et Violette Martel, chargée de mission de l’Adil, de noter à son tour : « Le guide s’appuie sur les études réalisées par notre observatoire. Par exemple sur les copropriétés (lire Eco du 26 mars), nous montrons que ce sujet ne concerne pas seulement les environnements urbains, mais aussi ruraux. Chaque thème est un moyen d’illustrer les enjeux et présenter concrètement aux élus quelles sont leurs prérogatives et les structures sur lesquelles s’appuyer. Lors de notre dernière assemblée générale, nombre d’élus nous ont interrogés sur ce qu’ils pouvaient faire à leur niveau. Il s’agit donc de clarifier les enjeux et les compétences, mais aussi de faire valoir que l’Adil, forte de cinq juristes, peut être un centre de ressources. »
Et ces enjeux sont nombreux. « Le département vieillit, les gens restent chez eux et les besoins en logement s’en trouvent accrus, notamment pour l’hébergement des jeunes, des actifs… » note Clotilde Fournier. « La hausse des loyers conduit à des cohabitations forcées, ajoute Isabelle Chanel. Le développement des meublés de tourisme vient concurrencer la location de longue durée ou la vente. » Et la présidente de conclure : « C’est un problème pour les entreprises qui peinent à recruter car les personnels ne trouvent pas à se loger. »
Une crise européenne… et locale
« Lors de notre assemblée générale, le 21 mai, nous avons démontré que la crise du logement recouvrait différentes réalités et concernait toute l’Europe, relève Isabelle Chanel. Mais ces enjeux européens et nationaux sont aussi locaux. Si les tensions sont évidentes sur le Pays de Gex, la Côtière et la Plaine de l’Ain, elles se renforcent partout, même là où l’on n’y était pas habitué. Et ces tensions en créent de nouvelles. Les ménages choisissent par défaut, un appartement ou une maison dans lesquels ils ne se sentent pas bien et qu’ils ne peuvent pas quitter. Cela conduit à une hausse des signalements des situations de mal-logement. Les gens se retrouvent aussi à faire face à des hausses de charges imprévues qui conduisent à des impayés. »
D’où l’exploration dans le guide de l’Adil, de différentes solutions pour limiter l’érosion du parc : taxes sur la vacance et les résidences secondaires, transformation de l’immobilier commercial inutilisé, exploitation des dents creuses…
Sébastien Jacquart








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