L’association annécienne Roule & Co milite plus que jamais pour le vélo urbain et cherche un local au nord de la ville pour y établir une deuxième antenne.
Mardi 10 mai, les membres de Roule & Co, stationnés entre 7 h 30 et 8 h 30 sur une douzaine de points stratégiques de l’agglomération annécienne, n’en croyaient pas leurs yeux : 2 314 cyclistes sont passés devant eux, vraisemblablement pour rejoindre leur poste de travail.
« C’est 58 % de plus qu’au printemps 2021 ! », se félicite la coordinatrice de l’association, Alvine Bissery. La Covid a visiblement donné un bel élan à la bicyclette, notamment électrique. Car sur ces 2 314 deux-roues, 60 % disposaient d’un moteur. Un constat qui fait réfléchir l’association.
Alors qu’elle récupère déjà de plus en plus de ce type d’engins dans les déchetteries, elle sait qu’elle va être confrontée, dans les années à venir, à la problématique du recyclage des batteries et des cadres. « Pour l’instant on ne traite que la partie mécanique, pas le reste », dit-elle. Les VAE en bout de course sont aujourd’hui transformés en vélos « normaux », en plus lourd. Pas de quoi satisfaire pleinement les membres de Roule & Co.

Atelier d’auto-réparation
Créée en 2010 par un groupe d’amis, Roule & Co a, au fil des années, développé un panel d’actions visant à faciliter l’utilisation de la petite reine en ville.
Cinq jours par semaine, l’atelier d’auto-réparation, situé au centre de Cran-Gevrier, permet à toute personne intéressée (moyennant son adhésion), de venir retaper son vélo sous l’œil bienveillant d’au moins deux salariés et de bénévoles. « On ne fait pas à la place de, mais on aide, on conseille et on met les outils à disposition », explique la responsable. Un important stock de pièces détachées d’occasion est également à disposition. Des pièces que l’association récupère sur des cycles non réparables qu’on lui donne ou qu’elle glane dans six déchetteries du Grand Annecy (Cran-Gevrier, Epagny, Chavanod, Vovray, Menthon-Saint-Bernard et Saint-Jorioz).
En 2021, elle a ainsi récupéré 2 131 vélos, dont 54 % provenaient de ces six lieux d’apport volontaire. « La moitié de ce que nous récoltons est réparable. Ceux-là, nous les remettons en état et les revendons entre 40 et 80 euros pour les adultes et moins pour les enfants. L’autre moitié est démontée pour pièces. » La vente de ces engins « recyclés » rencontre un réel succès. «Nous avons du mal à avoir du stock, tout part au fur et à mesure…»
A la recherche d’un local
Roule & Co, qui compte 1 600 adhérents par an (8 000 en cumulé depuis ses débuts), a également vu sa vélo-école plébiscitée depuis deux ans. Destinée aux adultes et aux enfants ne sachant pas se servir d’un vélo ou désirant apprendre les bases de la conduite en ville, elle s’adresse aussi bien aux écoles qu’aux entreprises ou aux particuliers.
« Pour les entreprises, nous pouvons proposer un parcours urbain pour apprendre à trouver sa place sur la chaussée, à bien passer un rond-point, à repérer les angles morts… Nous pouvons aussi monter pour elles des ateliers ponctuels de réparation.»
Interlocutrice privilégiée de la Ville, l’association milite en outre pour la disparition des points noirs cyclistes qu’elle a identifiés depuis douze ans. «Petit à petit, elle nous a inclus dans ses discussions.» Ses comptages annuels ou son recensement des points de blocage cyclistes n’y sont sans doute pas étrangers. C’est d’ailleurs pour rester totalement indépendante et garder sa liberté de parole et d’action qu’elle refuse toute subvention, même si elle se définit comme « non révolutionnaire ».
Forte de ses huit salariés et d’un budget de fonctionnement de 200 000 euros (fruit des adhésions, des ventes de vélos et autres événements tels que ses deux bourses aux vélos annuelles ou ses conférences), elle cherche aujourd’hui un deuxième local dans le nord d’Annecy pour y ouvrir une antenne. « La demande dans ce secteur est forte », conclut la coordinatrice.









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