Face aux attaques récurrentes contre son projet de chaufferie, le syndicat de valorisation et traitement se défend à travers un fascicule.
« Depuis un an, nous sommes fréquemment questionnés sur le projet de chaufferie de La Tienne et les avis des uns et des autres. Il nous est apparu non seulement une méconnaissance de ce dossier, mais aussi du fonctionnement d’Organom ou encore, de son budget, aussi bien du côté des élus que d’une part grandissante de la population », explique Yves Cristin, président du syndicat intercommunal de traitement et de valorisation des ordures ménagères (193 communes, 346 000 habitants, 103 068 tonnes de déchets traités et valorisés chaque année).
Il a donc été décidé de répondre via un fascicule, en format “vrai ou faux”. « Un document évolutif au gré de l’apparition de nouveaux éléments, promet l’élu. Il s’agit d’expliquer ce qu’est le site de La Tienne, de présenter le fonctionnement d’Organom et de resituer le projet de chaufferie dans ce cadre général. Un projet en débat depuis 2017, face à la nécessité de trouver des solutions pour pallier la fin programmée des autorisations d’enfouissement. »
Le document précise notamment la fiscalité propre aux déchets. Il indique que la Taxe générale sur les activités polluantes s’élève aujourd’hui à 65 € pour chaque tonne enfouie à La Tienne, contre 9,15 € en 2009. « Pour Organom, cela représente plus de 3,5 M€ reversés à l’État, d’où la nécessité de trouver des alternatives à l’enfouissement ! » relève ainsi le fascicule.
Pour Bernard Perret, vice-président aux finances du syndicat, ce seul argument suffit à rendre « extrêmement vertueux », le projet de chaufferie, « puisqu’il permettra de valoriser 100 % des déchets. Ce sera en tout cas beaucoup plus vertueux que de charger des camions pour alimenter les incinérateurs lyonnais ». Les Lyonnais de surcroît, ne veulent pas de camions et auraient exigé d’Organom, assure son président, qu’il contribue au financement des installations et construise un quai de transfert ferroviaire.
Recours en cours
Le recours contentieux engagé au Tribunal administratif par la Communauté de communes de la Plaine de l’Ain est toujours en cours. « Il pourrait non seulement remettre en cause le projet de chaufferie, mais également le contrat d’exploitation de l’usine de méthanisation Ovade, qui ne pourrait plus fonctionner », note Bernard Perret qui a provisionné 2 M€ au cas où il faudrait indemniser l’exploitant, indemnité heureusement capée. Pour Yves Cristin, « cela obligerait à externaliser nos déchets, pour un coût sans commune mesure avec ce que nous connaissons ».
Des travaux aussi sur Ovade
Oui, les coûts de construction de la future chaufferie de La Tienne sont passés de 40 à 61 M€. « Il n’aura échappé à personne que nous avons connu une forte inflation, ces dernières années », commente Bernard Perret, vice-président aux finances d’Organom. Mais par ailleurs, les détracteurs du projet ont souvent fait l’amalgame avec d’autres travaux : 8,5 M€ pour mieux valoriser l’électricité produite par l’usine de méthanisation Ovade, mais également pour la mettre aux dernières normes en matière de lutte contre l’incendie.
« Il nous faut mettre en place un sprinklage et créer des bassins de rétentions pour les éventuelles eaux d’extinction. Cela représente la moitié du coût environ, relève le président, Yves Cristin. De plus, à sa mise en route, le volume de déchets incluait de nombreux papiers et cartons qui sont mieux triés aujourd’hui. Ceci a pour conséquence que nous avons davantage d’eaux de process à traiter. »
Sébastien Jacquart









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