Le groupe savoyard La Folie Douce, réputé pour ses après-ski festifs, s’implante à La Samaritaine et dévoile ses projets dans la capitale et à la montagne.
Après quinze mois sans travailler ou presque pour cause de crise sanitaire, La Folie Douce revient sur le devant de la scène et met les bouchées doubles. Á Paris, sans que l’on s’y attende, le groupe savoyard créé par Luc Reversade, et désormais dirigé par son fils Artur, vient de s’allier à GL events pour créer le restaurant-club Voyage sous la verrière de la Samaritaine, qui rouvre ses portes.
Des projets XXL
« Les familles Ginon et Roux, à la tête du groupe lyonnais d’événementiel présent à l’international, nous ont sollicité pour notre savoir-faire dans l’ouverture de restaurants et faire la mise en place », raconte Artur Reversade. Depuis, ils se sont associés, La Folie Douce devenant actionnaire minoritaire. Le jeune dirigeant de 29 ans peut se réjouir : « Le lieu, à la déco Art Nouveau, est immense avec un bar à cocktail, un espace lounge et un restaurant de 1 000 couverts. » Il prévoit d’y organiser des soirées privées et d’autres pour les familles sur la thématique du cirque avec des shows et des spectacles, qui font le succès de La Folie Douce. Ce premier investissement à la capitale devrait être suivi d’un second, s’il remporte l’appel d’offres lancé par la mairie de Paris. « Cette fois-ci, confie Artur Reversade, il s’agira d’un grand établissement à l’enseigne La Folie Douce, un peu excentré. Nous sommes dans la short list… et le seul challenger savoyard (et familial) contre deux groupes parisiens. » Folie des grandeurs ou pas, il n’exclut pas de s’implanter dans d’autres grandes villes au rayonnement international. « Nous étudions les opportunités qui se présentent et décidons en famille des projets à réaliser. »

Une exploitation hiver et été aux Arcs
Á la montagne, berceau du groupe, les investissements se poursuivent aussi. Suite à l’ouverture cet hiver d’une épicerie à Arc 1800 proposant les recettes de La Folie Douce en bocaux à emporter – une idée qui a jailli pendant le confinement pour donner du travail aux équipes en cuisine –, d’autres devraient voir le jour. Mais surtout, pour la première fois de son histoire, La Folie Douce ouvrira cet été dans la station de la Tarentaise, à la demande de la municipalité. De juillet à septembre, une offre de restauration en continu et de nombreuses activités (cinéma en plein air, barbecue géant, poney, cours de danse, jeux en bois…et sessions live) seront mises en place. Là encore, « si cela fonctionne, nous élargirons l’ouverture de nos établissements, exploités jusqu’à présent l’hiver, à la période estivale », assure, de son côté, Luc Reversade, qui annonce les lancements (reportés) en décembre 2021 d’un 5e restaurant à thème La Cucùcina à Val d’Isère, et un autre en 2022 à Verbier en Suisse.
« Je me suis rapproché de Michel Giraudy, ancien maire de Bourg-Saint-Maurice Les Arcs, pour créer une structure de conseil et un think tank Alpes Exploration dans l’objectif de proposer un parcours client quel que soit le domaine d’exploration en montagne », annonce Luc Reversade, qui entend mettre à profit leur expertise.

Enfin, l’entreprise familiale veut développer son concept d’hôtels (Folie Douce Hotels(, après la création de son premier opus à Chamonix en 2018. Pour Artur Reversade, l’avenir est « dans les stations internationales en altitude, skis aux pieds, où nous allons réhabiliter et transformer d’anciens villages vacances pouvant abriter 100 à 200 chambres et des espaces communs, car aujourd’hui il n’est plus concevable de bétonner la montagne ». Il est d’ailleurs en pourparlers dans les Alpes françaises, où le groupe prévoit d’ouvrir un deuxième hôtel d’ici 12 à 18 mois pour, à terme, créer une collection de six établissements.

Avec huit restaurants clubbing – deux appartenant à 100 % à la famille Reversade (Val d’Isère, les Arcs), deux en franchise (Val Thorens, Avoriaz) et quatre autres où elle est associée murs et fonds (Méribel, Megève, Alpe d’Huez, Chamonix) -, un hôtel et cinq boutiques dont une épicerie, son chiffre d’affaires consolidé 2019 s’élève à 45 millions d’euros avec 700 salariés en saison, dont une centaine de permanents.
Patricia Rey











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