Ce métallier installé à Meillonnas a reçu le titre de Maître Artisan d’Art, l’une des plus hautes distinctions de l’artisanat français.
« C’est une belle reconnaissance. Petit diplôme au départ, une carrière en pointillé, mais une passion intacte depuis le premier jour. » Ils ne sont qu’une trentaine à détenir le titre de Maître Artisan dans le département et seulement douze à porter la mention “d’Art”. Et Romain Delord ne s’attendait pas forcément à ce que son nom figure parmi ces derniers. « Souvent, les lauréats sentent un léger boom dans leur activité après un tel prix », assure Pierre Girod, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Ain, qui lui a remis la distinction.
Ils sont seulement douze dans le département à avoir obtenu le titre de Maître Artisan d’Art.
Originaire du Sud, Romain Delord n’a pas suivi une trajectoire rectiligne. Musicien en parallèle de son activité, il accumule les expériences avant de poser ses outils dans l’Ain. Quinze ans de métallerie, dont cinq consacrés à la restauration du patrimoine — notamment sur le fort d’Entrecasteaux à Marseille — et cinq autres comme formateur. C’est en 2020 qu’il arrive sur les terres aindinoises. Et la région lui fait rapidement effet. « Tout s’est révélé ici. Le dynamisme du département, le tissu industriel, des partenaires à chaque étape de la chaîne, le terrain était idéal pour qu’une petite structure comme la nôtre réponde à des commandes d’envergure », se réjouit l’artisan.
En 2021, il crée FerDelord, son entreprise basée à Meillonnas. À deux, son apprenti en CAP et lui, ils conçoivent et fabriquent escaliers sur mesure, garde-corps, pergolas… ou réalisent des prestations d’agencement et de décoration. La zone d’intervention s’étend sur un triangle Lyon – Pays de Gex – Mâcon, pour dix à quinze projets par an, principalement pour des particuliers et via des architectes.
Une philosophie de la robustesse
Chez FerDelord, pas question de courir après la performance à tout prix. « Ce n’est pas cet aspect qui guide nos choix, mais plutôt la robustesse. Une entreprise solide encaisse mieux les coups », affirme le dirigeant. Romain Delord mise sur la qualité de la relation client autant que sur celle du travail. Avant chaque réalisation, une vue 3D est proposée sur laquelle plus de 60 % des acquéreurs s’appuient pour valider leur projet. « Avec eux, nous partageons un risque. La confiance ne va jamais dans un seul sens. »
Le soin apporté au travail s’étend aussi à l’environnement. « Le métier reste polluant. Alors, on limite les déchets enfouis pour la planète, mais aussi pour la santé. La découpe laser, le soudage au TIG, sans fumée ni bruit, sont autant de gestes qui changent le quotidien de l’atelier », explique le métallier. C’est d’ailleurs cette exigence esthétique et artisanale qui lui a valu la distinction. « Avant ce titre, je ne me définissais pas comme artisan d’art. Et pourtant, la pièce unique, l’échange avec le client, le cahier des charges, la recherche esthétique… Tout cela relevait déjà d’une démarche artistique, sans que je me l’autorise vraiment. »
Le chiffre d’affaires de la métallerie française peut être estimé à environ 11 milliards d’euros en 2025 (dont près de 9,8 milliards d’euros hors sous-traitance), sur la base de l’évolution de l’indice de chiffre d’affaires publié par l’Insee.
Thibault Jeanpierre








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