La pièce de la compagnie “D’aucuns disent”, Entrez sans frapper, met en lumière le quotidien des employés des Trésoms, à Annecy. C’est dans les chambres de l’hôtel que se joue ce huis clos.
Stéphanie Doche et Pierre-Louis Lanier, auteurs et cofondateurs de la compagnie “D’Aucuns disent”, mettent en scène une nouvelle version de leur création Entrez sans frapper. Cette pièce surprenante, pour le moins inédite tant par son style, que par son sujet et par le jeu des acteurs, avait remporté un franc succès lorsqu’elle avait été jouée, il y a sept ans, à l’Hôtel Central, à Annecy. La voilà de nouveau réinterprétée avec autant d’exaltation par 40 comédiens professionnels et amateurs.
Le sujet ? L’hôtel Les Trésoms, à Annecy, où chacune des quinze saynètes se joue à huis clos dans une chambre. La proposition artistique ? Faire découvrir au public l’envers du décor d’un hôtel et le quotidien du personnel confronté aux clients, révélant des situations aussi incroyables que cocasses, frisant parfois la “dinguerie” jusqu’à la tragédie.

Dans cet espace feutré, pas une situation ne se ressemble : scènes de ménage, comédies pures et loufoqueries s’enchaînent… Comme autant de condensés de vie, imaginés, pour certains, avec la collaboration de Véronique et Pascal Droux, propriétaires des Trésoms, et de leurs employés.
« Personne ne parle jamais de ce que vivent nos collaborateurs. Dans un hôtel, il se passe autant de choses qu’il peut y avoir de clients », assure Véronique Droux, qui voit dans ce processus de création une manière engagée et originale de parler autrement des femmes et hommes œuvrant dans l’univers de l’hôtellerie.
Casser les repères
Les spectateurs (par groupes de quatre, pour favoriser leur ressenti) – et c’est en cela aussi que cette pièce étonne et détonne – font partie intégrante de la scène, entrent dans la chambre et en sortent à l’envi, sans qu’il y ait jamais la moindre interaction avec les comédiens.
« Une expérience de spectacle, où le public est en immersion totale. Nous avons voulu casser les codes et les repères en troublant la frontière entre réalité et fiction », sourit, enthousiaste, Stéphanie Doche.
Libre au spectateur de passer d’une chambre à l’autre pour découvrir d’autres tranches de vie, d’autres comédiens. Un exercice d’autant plus remarquable que la troupe a dû respecter l’organisation de l’établissement, resté ouvert pendant les représentations.
À expérimenter absolument, pour qui veut s’immerger dans une pièce de théâtre avec le sentiment saisissant d’être témoin d’une scène qu’il ne devrait pas voir… et d’être là sans l’être.
Patricia Rey









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