À la veille des Rencontres internationales du thermalisme, organisées du 4 au 6 novembre à Aix-les-Bains, les chiffres de la filière régionale mettent en lumière le poids économique des stations savoyardes et haut-savoyardes. Les deux départements comptent six des 23 stations thermales d’Auvergne-Rhône-Alpes et accueillent environ 40 000 curistes par an, soit près de 40 % de la fréquentation régionale. Leur chiffre d’affaires thermal est estimé à 40 M€, pour environ 510 emplois directs en équivalents temps plein.
Mais derrière ce poids local se dessinent des fragilités économiques. La fréquentation des curistes conventionnés a reculé de 26 % dans la région entre 2016 et 2025. Quatre des six stations des deux Savoie se situent sous le seuil des 4 000 curistes, considéré comme un minimum de viabilité économique.
La Léchère illustre les fragilités du modèle
En Tarentaise, la situation de la Société des eaux thermales de La Léchère (SETLL) illustre ces difficultés. Dans son rapport de 2026, la chambre régionale des comptes relève un équilibre économique structurellement fragile, antérieur même à la crise sanitaire. Après une chute à 2 042 curistes en 2020 contre 6 192 en 2018, la fréquentation s’est stabilisée autour de 4 500 curistes annuels depuis 2022.
La société affiche néanmoins un résultat net cumulé déficitaire de 1,73 M€ entre 2020 et 2024, dont 494 000 € sur le seul exercice 2024. Sa dette financière atteint 1,48 M€, tandis que son programme d’investissement contractuel accuse un retard de 1,46 M€. L’appel d’offres lancé en 2024 pour trouver un nouvel exploitant n’a par ailleurs recueilli aucune candidature.
Paradoxalement, l’activité thermale de La Léchère reste rentable, contrairement à l’hôtel et au restaurant, qui pèsent sur les comptes. Avec une cinquantaine de salariés, dont 80 % de femmes, l’établissement demeure un employeur important du bassin. Un enjeu économique et territorial qui place les collectivités face à une équation délicate : préserver une activité locale structurante tout en assurant la viabilité de son exploitation.







0 commentaires