Pays de Gex Énergies annonce le lancement de son Smart Grid, qui fonctionnera avec six sources énergétiques différentes.
Six sources d’énergie, voilà ce que devrait apporter la société d’économie mixte à opération unique (Semop) Pays de Gex Énergies à plusieurs habitations de la ville de Ferney-Voltaire ainsi qu’à la ZAC Ferney Genève. Ce smart grid thermique offrira d’ici à 2038, chauffage et rafraîchissement à pas moins de 5 600 équivalents logements et 200 000 m2 d’activités économiques. « Les 11 km de réseau de chaleur permettant d’y parvenir seront alimentés à 65 % par de l’énergie renouvelable ou de la récupération de chaleur. Cela nous permettra de supprimer annuellement l’équivalent de 5 000 tonnes de CO2 », commente Aurélie Charillon, présidente de Pays de Gex Énergies. L’équivalent de 2 700 voitures en circulation chaque année.
Le Cern, grand contributeur
La première des six sources provient du Cern ou, plus précisément, de son énergie fatale. En effet, les installations de l’organisation ont besoin d’être refroidies constamment. En fin de circuit, on arrive ainsi à 28 degrés. Grâce à des échangeurs thermiques puis des pompes à chaleur cette énergie résiduelle servira à chauffer de l’eau jusqu’à ce qu’elle atteigne 80 degrés. Elle sera ainsi utilisable pour le chauffage et l’eau chaude des secteurs concernés. Le Smart Grid fonctionnera toutefois avec cinq autres sources d’énergie. Une première !
« La deuxième source profitera de la boucle d’anergie grâce à des sondes géothermiques. Nous allons également récupérer la chaleur fatale du futur data center de la ZAC Ferney Genève Innovation. Des panneaux photovoltaïques seront installés sur cette même zone. De l’électricité plus classique sera elle aussi utilisée pour l’alimentation des pompes à chaleur. Enfin, nous pourrons recourir au gaz naturel en appoint », précise la présidente de la Semop. Le Smart Grid offrirait ainsi une bonne maîtrise des coûts énergétiques et une consommation plus propre.
Rentabilité
Le projet est avant tout une association entre partenaires publics et privés, comme Pays de Gex Agglo, Dalkia et Dalkia Smart Building, des filiales EDF, ainsi que la caisse des dépôts au travers de la Banque des territoires. « Le Smart Grid a été financé en partie par l’Ademe (Agence de transition écologique), donc l’État. Il suit le projet pour peut-être proposer ce modèle à d’autres. Aussi, c’est important pour nous d’être exemplaires et d’avoir ce souci de rentabilité sur le long terme », ajoute-t-elle. Rentabilité est donc le mot d’ordre pour ce projet. « La Semop achètera en gros cette énergie qui était perdue au Cern, puis une fois transformée, elle sera revendue aux utilisateurs via un contrat classique de fournisseur d’énergie », complète Jérôme Aguesse, directeur régional de Dalkia en région Centre-Est.
En chiffres
- 2 700 : L’utilisation du Smart Grid correspond au retrait de 2 700 voitures de la circulation.
- 65 % : Le réseau sera alimenté à 65 % par de l’énergie renouvelable.
- 5 600 : C’est le nombre d’équivalents logements chauffés par le Smart Grid.
Chantier et finances
Pour la réalisation des travaux, le Cern avance les fonds à concurrence d’un million d’euros, avec un premier versement de 60 % de la part des partenaires pilotés par la communauté d’agglomération du Pays de Gex. Les 40 % restants devraient être remboursés sur les quinze prochaines années au prorata de la chaleur cédée.
La structure comporte plusieurs échangeurs thermiques coûtant chacun 50 000 euros pièce. Des compteurs de chaleur ont été installés sur le départ de la boucle de récupération de chaleur pour permettre une facturation annuelle de la chaleur cédée. Selon le Cern, « l’étude technico-économique en amont avait montré une rentabilité suffisante pour pouvoir lancer ce projet avec le soutien de l’Ademe et des investisseurs institutionnels, ce qui est déjà un gage de sérieux ». En 2036, les modalités seront réévaluées par les différentes parties pour déterminer si le projet doit se poursuivre ou non.
Le Cern se veut plus vert
L’organisation a publié son deuxième rapport sur l’environnement.

Le Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) a publié le mercredi 24 novembre, son deuxième rapport sur l’environnement pour présenter des actions concrètes destinées à réduire son empreinte environnementale. « L’élaboration en 2020 du premier rapport public du Cern sur l’environnement nous a permis de définir un cadre et de fixer des objectifs concrets. Avec ce deuxième rapport, nous voulons transformer nos paroles en actes », déclare Fabiola Gianotti, directrice générale du Cern. Le document couvre la période 2019-2020 soit celle du deuxième long arrêt du complexe d’accélérateurs, une véritable opportunité pour l’organisation de se pencher sur ses émissions. Elle s’est d’ailleurs intéressée à l’utilisation de différents gaz fluorés avec une campagne de réparation des fuites, mais elle a également lancé les premières étapes du remplacement de ces gaz par du dioxyde de carbone dans les systèmes de refroidissement des détecteurs. En effet, le CO2 a un potentiel de réchauffement climatique nettement inférieur aux gaz fluorés. Cette action contribue à la réalisation de l’engagement pris l’année dernière par le Cern de réduire de 28 %, d’ici à fin 2024, ses émissions directes de gaz à effet de serre. Le rapport se penche aussi sur les émissions de champ d’application 3, dites indirectes, liées notamment aux déplacements professionnels, aux trajets domicile-travail du personnel et aux activités de restauration.
Le document met également en avant les avancés technologiques qui permettent aujourd’hui de recueillir davantage de données avec la même quantité d’énergie qu’auparavant. « Sur la durée de vie de 20 ans de la machine améliorée, l’efficacité énergétique sera multipliée par dix par rapport à celle qu’il était possible d’atteindre lorsque l’installation phare du Cern a été mise en route pour la première fois. » De nombreuses pistes, qui donnent de belles perspectives d’évolutions au centre de recherche.
Joséphine Jossermoz








0 commentaires