Quand même les sachant alignent faute après faute, Myriam Denis s’interroge, dans son édito, sur le niveau général d’orthographe.

Aujourd’hui, on exige, lors des recrutements de profs, un niveau de Bac +5. Ils et elles sont donc des pédagogues de haut rang, titulaires de Masters.
Oui, même en maternelle, où se trouve d’ailleurs mon cadet. Là, l’instit ne prend pas (encore) de risque : elle communique via des petits smileys (verts, jaunes, rouges). Un code imagé, censé donner aux familles une indication du comportement en classe de l’enfant et, accessoirement, de la progression des apprentissages. Même s’il est encore petit, je trouve normal de m’intéresser à sa scolarité (« comment ça, tu as jeté le bonnet de ton copain dans l’arbre de la cour de récré ? »). Je sollicite donc un rendez-vous avec l’instit, histoire d’échanger et faire un point de milieu d’année (une vraie conversation vaut, à mon sens, tous les smileys du monde). J’envoie donc un mail (école high-tech). Trois semaines plus tard, je reçois une réponse (oui, j’ai relancé à trois reprises. La prochaine fois, j’essaie le pigeon voyageur). La pauvre m’indique ne pas avoir le temps de me recevoir un soir (soit, 16 heures…). Elle se concentre sur les élèves en difficulté. La bonne nouvelle, c’est que mon fils ne se trouve vraisemblablement pas dans cette catégorie (ouf…). La mauvaise, c’est qu’il est donc impossible d’avoir davantage d’infos sur sa scolarité, sauf à ce qu’il rencontre des problèmes d’apprentissage.
« NOS CHERS PETITS APPARTIENNENT À UNE NOUVELLE GÉNÉRATION, CELLE QUI MÉCONNAÎTRA LES RÈGLES DU FRANÇAIS AUSSI SÛREMENT QUE MACRON MÉCONNAÎT SES ERREURS. »
Ah, les relations parents/profs, tout un poème ! Avec un pourcentage établi à 1,88 enfant par femme en 2018, vous êtes nombreuses et nombreux, tout comme moi, à connaître ce genre d’aventure. Ou peut-être, les avez-vous déjà connus. Dans ce cas, les problématiques étaient sans doute tout autres. Néanmoins, je doute que les “fotes d’orthografe”, le massacre de la grammaire, les libertés prises avec la conjugaison étaient monnaie courante. L’une de mes amies s’en est ouverte à son instit, laquelle lui a répondu que de toute façon, nos chers petits appartiennent à une nouvelle génération, celle qui méconnaîtra les règles du français aussi sûrement qu’un nourrisson de huit mois méconnaît les gens ou que Macron méconnaît ses erreurs.
Pour ma part, je n’espère pas que ce fondamental disparaîtra au profit du langage SMS. Quoique, j’écrirai plus vite mes éditos ! 😉
Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr









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