Vie professionnelle, vie familiale, relations sociales… Comment rester efficace sans s’oublier ? Les conseils d’Isabelle Morin, coach et experte en management.
Mieux vivre le confinement, améliorer sa gestion du temps, optimiser son espace de travail réel et virtuel… Quelque 350 télétravailleurs ont suivi le webinaire proposé le 8 avril, en partenariat avec Orsys Formation, par Isabelle Morin, coach et experte en management, créatrice de Spring Formation à Bourg-en-Bresse. Parmi eux, seul un petit quart avait déjà pratiqué le télétravail de façon régulière, les autres n’ayant jamais eu l’occasion de le faire pour 37,2 % ou occasionnellement pour 34,4 %. Mais selon la coach, en trois semaines, chacun a eu le temps de s’organiser. Aussi, l’objectif de ce rendez-vous était davantage de mesurer si les solutions mises en place étaient suffisamment pertinente pour maintenir un bon équilibre.
« Un tabouret est équilibré quand il repose sur ses quatre pieds, a minima sur trois », compare l’experte en management. Et celle-ci de citer le travail, la famille, les relations sociales et les aspects plus personnels. « Sur le premier volet, le télétravail impose de recréer un cadre de travail. Sur le deuxième, le confinement permet de passer plus de temps avec sa famille, ce que beaucoup apprécient, même si la promiscuité peut rendre la situation, parfois, un peu dure à supporter. Le lien social peut se maintenir grâce aux réseaux sociaux. Le plus délicat, finalement, c’est d’avoir des moments pour soi. Nous n’avons plus ces temps de trajet qui, en voiture ou dans les transports en commun, permettaient de se retrouver seul avec soi-même sans sollicitation. Il est important de recréer ce moment. » Isabelle Morin, elle, s’est remise au jogging.
Définir un cadre et le faire respecter
Reste aussi à veiller à ne pas se lancer envahir. « Sur le lien social, nous sommes passés de la peur du vide au trop plein, observe la coach. Il faut savoir couper les réseaux sociaux. Idem avec les appels. Les proches téléphonent pour prendre des nouvelles, c’est bien normal et appréciable. Au début du confinement, je répondais systématiquement. A présent, quand l’appel tombe à un moment où je travaille, je ne décroche plus, ou alors pour expliquer que ce n’est pas le moment et proposer de rappeler plus tard. »
Et ce qui vaut pour les proches et les amis vaut bien évidemment pour le travail. « Planifiez vos journées ou vos semaines, suggère l’experte en management. Fixez-vous des objectifs, dressez des listes, en réfléchissant au temps nécessaire pour chaque tâche. Définissez les moments où vous allez consulter et répondre à vos mails, prendre et passer des coups de fil. Et réservez du temps pour les imprévus. Si vous planifiez une journée de sept heures de travail, ne prévoyez pas sept heures de tâches, mais cinq. Et n’oubliez pas de prendre des pauses et de vous détendre. Vous n’avez plus de collègue pour vous proposer un café. C’est donc à vous de prendre le temps d’en boire un, sans rien faire d’autre, de s’oxygéner, d’aérer son espace de travail. »
Peu importe que l’on trouve plus confortable de travailler le matin ou, à l’inverse, le soir, pour Isabelle Morin. Mais, mieux vaut en convenir avec son manager, pour éviter tout litige et balayer toute inquiétude. Faut-il, par ailleurs, comme beaucoup le suggèrent, se lever tous les jours à la même heure et mettre son réveil ? « C’est à chacun de voir ce qui lui permet de gérer son temps efficacement. Personnellement, mes journées s’étaient décalées de telle sorte que j’avais l’impression de ne jamais arrêter. Mettre un réveil me permet de commencer ma journée plus tôt et d’avoir une vraie coupure, le soir. Dans tous les cas, il est important de respecter soi même son propre cadre. En effet, il sera peut-être nécessaire de le remettre en question. Mais comment s’en rendre compte si on ne le suit pas ? »
Il est essentiel également d’établir une rupture entre vie professionnelle et vie personnelle, quand bien même son lieu de vie et son lieu de travail sont confondus. « Si vous avez un bureau, c’est l’idéal. Mais, si vous travailler dans la salle à manger, est-il vraiment sain que votre ordinateur reste en place quand vous passez à table ? » interroge la coach qui suggère de le ranger ou de le couvrir d’un drap.
Comment faire avec les enfants ?
Si 10,9 % des participants au webinaire sont tout seuls chez eux et 30,1 % vivent en compagnie d’autres adultes, 43 % partagent leur lieu de vie avec des adultes et des enfants, 9,1 % se trouvent seuls avec des enfants au quotidien et 3,1 % seulement certains jours. Tous ceux-là doivent jongler entre le télétravail et les sollicitations du foyer. « Quand on est plusieurs adultes, on peut évidemment se relayer pour la garde. Sinon, beaucoup d’enfants, en particulier les plus jeunes qui font encore la sieste, se voient proposer un temps calme, en début d’après-midi. On est alors plus disponible pour les travaux qui demandent davantage de concentration ou de quiétude, termine Isabelle Morin. Ecouter de la musique au casque permet également de se concentrer plus facilement. Et si les enfants sont dans la pièce, on peut tourner son écran de manière à ne plus les avoir dans son environnement visuel. »
La CA3B utilise Facebook pour maintenir la cohésion d’équipe
« Depuis la création de la Communauté d’agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse (CA3B), la création d’un sentiment d’appartenance à cette nouvelle collectivité est un souci constant, explique-t-on au sien de l’intercommunalité créée en janvier 2017. Un groupe de travail propose toute l’année des actions sur ce sujet qui mobilise beaucoup en interne. Lorsque le confinement a commencé, la question du lien entre les agents s’est tout de suite posée. Certains sont encore à leur poste, sur le terrain, mais nous sommes nombreux en télétravail. Alerté par les membres du groupe de travail “sentiment d’appartenance”, le directeur des services a donné son accord pour créer un groupe privé Facebook destiné aux agents. Il fonctionne avec trois administrateurs (trois agents membres du groupe de travail) et un modérateur (le directeur général des services). Il compte 163 membres à ce jour. Ce groupe n’est pas dédié à l’échange d’informations relatives à la gestion des dossiers professionnels. Il s’agit là de garder le lien entre nous, de partager des bons plans, des vidéos, des photos, de penser à nos collègues sur le terrain. »

Sur la base du volontariat, ce groupe Facebook met à contribution diverses ressources internes : des séances de sport gratuites, des activités pour les enfants proposées par les structures de la petite enfance, quelques prestations musicales par les professeurs du Conservatoire, des recettes de cuisine du réseau Etik’table… La page se veut avant tout légère et divertissante.
Par Sébastien Jacquart








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