Entre fermeture obligatoire et désertion de la clientèle, confinement oblige, hôtels et restaurants font face comme ils peuvent. L’UMIH exige des mesures fortes pour sauver le secteur.
« Cocotte Casa s’adapte au confinement. Livraison au bureau ou à domicile. Commande conseillée la veille », peut-on lire sur la newsletter du 15 avril d’Initiative Plaine de l’Ain Côtière. Ou encore, « l’Happy’Za, à Beynost, a réouvert depuis le 10 avril pour le service des pizzas à emporter ». Sur Myplainedelain.fr, le réseau social des entreprises du Pipa, Les Halles de Saint-Vulbas, Jardin D. Saveurs ou Platmobil ont annoncé proposer de la vente à emporter ou la livraison de plateaux repas dans les entreprises. On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’infini. Une majorité de restaurateurs, fermés depuis le 15 mars, ou de services traiteurs ont tenté de sauver les meubles de la sorte.
« Cela permet de générer un peu de trésorerie, mais il n’y a pas là, de quoi compenser les pertes. Cela impose de surcroît de faire des achats, pour revendre parfois à prix coûtant, sans compter que certains clients ne passent jamais chercher leur commande », commente Jean-Pierre Vullin, président de l’UMIH de l’Ain pour qui la restauration vit une véritable catastrophe. Le phénomène de la vente à emporter aurait de surcroît, tendance à s’essouffler. « Cela a bien été accueilli et a bien marché… au début. C’était nouveau. Et c’était intéressant pour les restaurateurs qui ont pu écouler leur stock de denrées. Depuis, le public s’est davantage tourné vers le commerce de proximité au détriment des grandes surfaces et de l’offre alternative des restaurateurs », considère le président local de l’UMIH. Les seuls à tirer, un peu, leur épingle du jeu seraient les restaurants qui servent des entreprises de manière régulière et peuvent ainsi compter sur un nombre de repas à peu près fixe, au quotidien.
Les hôtels pas mieux lotis que les restaurants
Du côté des hôtels, si l’on n’a pas subi d’obligation de fermeture, c’est la clientèle qui fait défaut. « Depuis le début du confinement, nous n’avions pas eu un seul client. Les deux premiers sont arrivés dans la semaine du 20 avril, témoigne Delphine Donche, gérante des Chalets de Maramour, à Chazey-sur-Ain (photo ci-dessus). Et la chef d’entreprise s’estime encore doublement chanceuse. « Nous sommes un parc de résidences de loisir en prestation hôtelière, explique-t-elle d’abord. Nous proposons des chalets équipés d’une petite cuisine, que nous mettons aujourd’hui à disposition gratuitement. Cela nous permet d’héberger nos clients de manière complètement autonome, donc dans le respect le plus absolu des mesures barrières. La fibre optique et le wifi nous permettent de réaliser toutes les prestations à distance : paiement, état des lieux, etc. Nous n’avions de toute façon pas de restauration. Et nous ne proposons plus de petit déjeuner. Mais la cuisine est achalandée en conséquence, avec un peu de café, jus d’orange, thé et petits gâteaux. Au moins pour le premier jour, si jamais les clients arrivent tard. » L’autre chance, c’est de se trouver à proximité du Parc industriel de la Plaine de l’Ain. Les rares clients accueillis pendant le confinement étaient des hommes d’affaires ou des ouvriers en déplacement. « Mais même eux manquent de visibilité. Ils ne savent pas comment ils vont pouvoir travailler, ni s’ils reviendront la semaine suivante. » Et Delphine Donche d’espérer qu’après le 11 mai, les affaires reprendront un rythme plus normal. « Déjà, on enregistre un peu plus d’appels. Les gens se renseignent », souligne-t-elle. En attendant, ses salariées, deux femmes de chambre, sont au chômage partiel. La gérante se suffit à elle-même pour gérer un établissement au mieux rempli à 20 %.
Les revendications du secteur
Du côté de l’UMIH, les relations sont quotidiennes avec le gouvernement et l’Etat, pour faire remonter les demandes de report de charges fiscales et sociales, voire faire pression pour leur annulation ou leur remboursement étalé. « Nous négocions également le report ou l’annulation, pour gagner en trésorerie, des impôts locaux : taxe sur les surfaces commerciales, droits sur les terrasses, taxe sur la publicité extérieure, taxe d’enlèvement des ordures ménagères… précise Jean-Pierre Vullin. Nous demandons aussi l’extension des mesures de chômage partiel jusqu’à mars 2021. Certains établissements très touristiques, comme les palaces, ne travaillent qu’avec une clientèle étrangère et ne rouvriront que lorsque les échanges internationaux auront repris. Nous sollicitons aussi l’annulation des loyers commerciaux des entreprises et la possibilité d’une renégociation des loyers à six mois, avec un abattement automatique de 30 %, sur justification d’une baisse de chiffres d’affaires. Nous souhaitons que le seuil d’accès au fonds de solidarité soit relevé de 1 à 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et de 60 000 à 300 000 euros de bénéfice annuel. Enfin, nous exigeons de nos assureurs qu’ils prennent en charge la perte d’exploitation et la reconnaissance de l’état de catastrophe sanitaire, qui n’existait jusqu’alors pas, dans les futurs contrats. »
Par Sébastien Jacquart








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